Initialement attendus l’année dernière, ces scrutins avaient déjà fait l’objet d’un premier décalage, avec une reprogrammation annoncée pour début 2026.
Cette nouvelle décision prolonge une situation institutionnelle exceptionnelle au Cameroun, marquée par l’expiration progressive des mandats des députés et des conseillers municipaux.
Dans son allocution télévisée à l’occasion de la 60e Fête de la Jeunesse, une rare apparition publique, le chef de l’Etat de près de 93 ans réélu en octobre a expliqué le report des élections par «certaines contraintes impérieuses», tout en assurant du «respect des dispositions pertinentes des lois et, tout particulièrement, de la Loi fondamentale».
Paul Biya a également évoqué «le renouvellement, en préparation, des dirigeants des sociétés d’Etat» ainsi que «la formation du prochain gouvernement», très attendue par l’opinion. Il avait déjà annoncé le 31 décembre 2025 ce remaniement, sans qu’aucune nomination ne soit intervenue depuis.
Le président a reconnu, dans son intervention, les difficultés d’insertion professionnelle auxquelles font face de nombreux jeunes Camerounais.
Certains se sentent «désemparés» devant les obstacles pour trouver un emploi ou concrétiser leurs projets, a déclaré Paul Biya, les exhortant à persévérer et à garder confiance en leurs capacités.
Il a par ailleurs appelé la jeunesse à faire preuve de responsabilité et à se détourner «de la délinquance, de l’abus d’alcool, de l’usage des stupéfiants et de l’utilisation excessive des réseaux sociaux» tout en annonçant des mesures pour mieux protéger les jeunes filles contre les harcèlements et les abus.
Des réformes seront engagées pour améliorer le fonctionnement de l’Etat et poursuivre la lutte contre la corruption et les détournements de deniers publics», a assuré le chef de l’Etat.
«J’entends veiller à ce qu’un plus grand nombre d’entre vous, hommes comme femmes, se voient progressivement confier des responsabilités élevées dans la gestion des affaires publiques», a-t-il promis.
La fête de la Jeunesse, célébrée chaque 11 février au Cameroun, constitue traditionnellement l’une des seules prises de parole directes du président devant la population.
Doyen des chefs d’Etat dans le monde, Paul Biya, à la tête de son pays depuis 1982, a été réélu le 12 octobre avec 53,66% des voix, selon les résultats officiels.
Cette élection pour un huitième mandat a donné lieu à des manifestations réprimées dans le sang dans plusieurs grandes villes - le gouvernement reconnaissant «plusieurs dizaines» de morts sans fournir de bilan exact.




