Côte d’Ivoire: l’avocat de Tidjane Thiam dénonce des «mensonges» sur sa nationalité

Tidjane Thiam, ancien PDG du Credit Suisse, nouveau président élu du Parti démocratique de Côte d'Ivoire (PDCI), s'exprime lors du 8ème congrès extraordinaire du Parti démocratique de Côte d'Ivoire (PDCI-RDA), à l'Hôtel Félix Houphouet Boigny Fondation pour la Recherche de la Paix à Yamoussoukro, le 23 décembre 2023.. AFP or licensors

Le 24/02/2025 à 19h36

L’avocat de Tidjane Thiam, chef du principal parti d’opposition en Côte d’Ivoire et candidat déclaré à la présidentielle, a dénoncé lundi des «mensonges» et des «manoeuvres», après plusieurs attaques ces dernières semaines au sujet de la nationalité de son client, à huit mois de l’élection.

«Plus sa popularité s’accroît, plus les manœuvres, les mensonges et les menaces se multiplient. Les prétextes pour l’empêcher sont grossiers et vont jusqu’à l’absurde : le déni de sa nationalité ivoirienne», a affirmé Me Mathias Chichportich dans une déclaration transmise à l’AFP.

«Dernière tentative de manipulation en date: une action visant à le destituer de la présidence de son parti», a-t-il ajouté, précisant que cette action était «sans le moindre fondement» et que «les quatre plaignants s’en sont désistés».

La semaine dernière, quatre personnes se présentant comme des militants du Parti démocratique de Côte d’Ivoire (PDCI) avaient saisi la justice pour faire annuler l’élection de M. Thiam à la tête de cette formation, en décembre 2023.

Ils estimaient notamment que M. Thiam ne remplissait pas les conditions exigées par les statuts du parti, obligeant le président à être ivoirien.

Ils ont finalement retiré leur action en justice dimanche.

La question de la nationalité de M. Thiam a surgi dans le débat public début février lorsqu’il avait annoncé avoir fait une demande de renonciation à la nationalité française, pour pouvoir être exclusivement ivoirien, condition obligatoire pour être candidat à la présidentielle.

Né ivoirien, la nationalité française lui avait été décernée en 1987 à l’occasion d’études en France, en reconnaissance de son parcours universitaire (Polytechnique, Mines), explique t-on dans son entourage.

Il avait ensuite été ministre en Côte d’Ivoire (1994-1999) avant de mener une carrière dans le secteur privé en Europe.

«La démocratie et la Côte d’Ivoire méritent mieux que de vides calomnies et des mensonges répétés. A défaut, (M. Thiam) engagera toutes les actions utiles pour que le peuple ivoirien s’exprime dans le cadre d’un processus libre, transparent et démocratique», poursuit Me Chichportich, dans sa déclaration de lundi.

La question de la nationalité a déjà empoisonné par le passé la politique ivoirienne.

L’actuel président Alassane Ouattara, accusé d’être d’origine burkinabè, avait ainsi été exclu des présidentielles de 1995 et 2000.

Il a lui-même réformé la Constitution en 2016 en indiquant qu’un candidat à la présidentielle doit être «exclusivement de nationalité ivoirienne, né de père ou de mère ivoirien d’origine» et non plus «de père et de mère ivoirien d’origine».

La présidentielle doit se tenir le 25 octobre 2025.

Par Le360 Afrique (avec AFP)
Le 24/02/2025 à 19h36