Elections Afrique du Sud: alliance entre Zuma et un paria de l’ANC

L'ex-président sud-africain Jacob Zuma et Ace Magashule, ancien secrétaire général de l'ANC et fondateur du Congrès africain pour la transformation (ACT).
Le 12/01/2024 à 14h10

L’ex-président sud-africain Jacob Zuma, qui a porté un coup dur à l’ANC en annonçant le mois dernier qu’il ferait campagne pour un autre mouvement récemment créé, va sceller une alliance avec un ancien haut responsable du parti historique au pouvoir, limogé pour corruption.

Le «potentiel Front uni Magashule-Zuma» visera, en vue des élections générales prévues entre mai et août, à «s’éloigner de la politique traditionnelle», a déclaré vendredi dans un communiqué le Congrès africain pour la transformation (ACT), fondé par l’ancien secrétaire général de l’ANC, Ace Magashule, promettant «une nouvelle ère de collaboration et de changement».

M. Magashule, 63 ans, a été exclu du Congrès national africain en juin 2023. Écarté après des accusations de corruption, il avait annoncé en août la création de son propre parti.

Jacob Zuma, 81 ans, encore poursuivi dans plusieurs affaires de corruption, n’a pas quitté l’ANC dont il a longtemps été un pilier. Mais il a déclaré peiner «à le reconnaître aujourd’hui sous sa direction actuelle» et appelé à voter pour un petit parti radical baptisé Umkhonto We Sizwe (MK).

Selon les observateurs et plusieurs sondages, l’ANC pourrait perdre sa majorité parlementaire pour la première fois de son histoire et être contraint à former un gouvernement de coalition.

«Compte tenu du climat politique actuel, cette annonce pourrait être préjudiciable à l’ANC, car il ne lui reste plus beaucoup de temps avant les élections», a estimé auprès de l’AFP Hlengiwe Ndlovu, maître de conférences à la Wits School of Governance de Johannesburg.

Pour l’analyste politique Leslie Dikeni, cette nouvelle alliance ne constitue pas «une menace sérieuse pour l’ANC» mais démontre bien qu’il existe de «profondes dissensions».

L’ANC de Nelson Mandela a vu son image ternie ces dernières années par des accusations de corruption. La participation aux scrutins n’a cessé de diminuer depuis les premières élections démocratiques en 1994. Et les électeurs se détournent de plus en plus du parti au pouvoir depuis la fin de l’apartheid.

La première économie du continent affiche un taux de chômage de plus de 32% et le pays a été classé comme le plus inégalitaire au monde par la Banque mondiale en 2022.

Par Le360 Afrique (avec AFP)
Le 12/01/2024 à 14h10