Guinée. «Ça fait pitié»: les citoyens paient cash la pénurie d’argent

Le 03/04/2026 à 11h58

VidéoFace à des difficultés d’accès aux liquidités dans plusieurs établissements bancaires, les citoyens expriment leur inquiétude tandis que les autorités multiplient les initiatives pour restaurer la confiance et rassurer les acteurs économiques. En août 2025, la Banque centrale estimait à 94% la masse des billets en circulation qui échappe au système bancaire.

Est-ce le dénouement après un long moment de crise du cash en Guinée? Visiblement, l’épilogue n’est pas pour demain. Ce matin, devant certaines banques, des attroupement témoignent des difficultés rencontrées par les usagers pour effectuer des retraits.

Parmi eux, Lansana Traoré décrit une situation éprouvante: «La crise perdure toujours. Depuis six heures du matin, nous sommes là pour trouver de l’argent pour nos petites dépenses. Il est 14 heures et jusqu’à présent, on n’a pas pu accéder à la banque. Les gens nous disent qu’il n’y a pas d’argent», confie Lansana Traoré, citoyen guinéen.

Cette raréfaction des billets de banque n’est pas nouvelles. En août 2025, la Banque centrale de la République de Guinée estimait à 94% la masse des billets en circulation en Guinée et qui échappent au système bancaire.

Au-delà des difficultés, certains appellent à une mobilisation accrue des autorités et des acteurs économiques pour atténuer les effets de cette pénurie de billets de banque sur le quotidien des populations: «Le gouvernement doit fournir beaucoup d’efforts pour alléger la souffrance des citoyens qui ne sont pour rien dans cette crise. C’est le gouvernement, avec les grands opérateurs économiques, qui doit aider la population afin qu’elle puisse rentrer en possession de ses biens. Franchement, ça fait pitié», lâche Lansana Traoré.

Du côté des autorités, le discours se veut rassurant. Le gouvernement affirme être pleinement engagé dans une dynamique de concertation et de restauration de la confiance, en collaboration avec les acteurs du secteur privé.

Djami Diallo, ministre porte-parole adjointe du gouvernement, souligne les efforts en cours: «Le gouverneur de la Banque centrale et la ministre de l’Économie, des Finances et du Budget ont rencontré le secteur privé pour restaurer cette confiance, sensibiliser les acteurs et les inviter à déposer l’argent en banque. Le chef de l’État lui-même a également rencontré le secteur privé en portant le même message. Donc aujourd’hui, nous sommes dans une démarche de restaurer cette confiance», souligne Djami Diallo, ministre porte-parole adjointe du gouvernement.

Ainsi, entre préoccupations citoyennes et initiatives institutionnelles, la situation actuelle met en lumière l’importance du dialogue et de la confiance dans le fonctionnement du système financier. Les prochains jours seront déterminants pour évaluer l’impact des mesures engagées et leur capacité à répondre aux attentes des populations.

Par Mamadou Mouctar Souaré (Conakry, correspondance)
Le 03/04/2026 à 11h58