Abdoul Sacko est un des responsables des Forces vives de Guinée, une coalition de partis, de syndicats et d’organisations non-gouvernementales qui réclament un retour des civils au pouvoir. Il a, selon ses avocats, été retrouvé mercredi soir «dans un état critique, torturé et abandonné par ses ravisseurs».
Il «a perdu l’usage de ses membres supérieurs pour le moment», a indiqué dans un communiqué jeudi un de ses avocats, Me Sékou Keita, qui dénonce un «acte inhumain et criminel».
«L’ambassade des États-Unis à Conakry est soulagée après la libération d’Abdoul Sacko, mais demeure profondément inquiète suite aux informations concernant sa condition médicale et le traitement qu’il a subi en captivité», dit-elle dans le communiqué.
Elle «continue d’exiger une enquête du gouvernement sur (son)enlèvement mais aussi sur la situation des autres disparus», ajoute-t-elle.
L’enlèvement de M. Sacko était la dernière en date d’une série dans le pays dirigé par une junte arrivée au pouvoir après un coup d’Etat en 2021.
Les militaires dirigés par le général Mamadi Doumbouya sont régulièrement accusés de réprimer la liberté d’expression et de faire taire des figures de l’opposition.
Un journaliste d’investigation critique de la junte, Habib Marouane Camara, est porté disparu depuis début décembre.
Deux opposants qui réclamaient un retour des civils au pouvoir, Oumar Sylla, alias Foniké Menguè, et Mamadou Billo Bah, sont également portés disparus depuis juillet 2024.
Un autre opposant, Aliou Bah, a été condamné en janvier à deux ans de prison ferme pour «offense et diffamation» à l’encontre du général Mamadi Doumbouya.
Des manifestations réclamant le départ des militaires sont régulièrement interdites et plusieurs médias ont été fermés dans le pays.