Mauritanie: l’ex-président arrêté à la veille de son procès

Le président mauritanien sortant Mohamed Ould Abdel Aziz assiste à la cérémonie de prestation de serment du président mauritanien nouvellement élu dans un centre de conférence à Nouakchott, le 1er août 2019.
Le 24/01/2023 à 19h51

La justice mauritanienne a fait arrêter, mardi après-midi, l’ancien président Mohamed Ould Abdel Aziz à la veille du procès où il devra répondre aux accusations d’abus de pouvoir afin d’amasser une fortune immense, a indiqué un de ses avocats.

Après lui avoir demandé de se présenter à la police, ce que ses avocats ont refusé, les policiers «sont venus le chercher chez lui» à Nouakchott avec un mandat, a dit à l’AFP Me Ciré Cledor Ly.

Il devait donc passer la nuit en détention avant l’ouverture de son procès mercredi matin, a ajouté l’avocat. Son arrestation a eu lieu sans incident, a-t-il dit.

D’autres co-accusés ont également été convoqués à la police, ce qui laisse supposer que tous les mis en cause devaient être placés en détention en vue du procès, a indiqué un responsable sécuritaire s’exprimant sous le couvert de l’anonymat selon la pratique dans des affaires judiciaires.

Mohamed Ould Abdel Aziz, qui a dirigé la Mauritanie de 2008 à 2019, ainsi qu’une dizaine d’anciens Premiers ministres et ministres et des hommes d’affaires doivent répondre devant le tribunal de multiples chefs d’accusation, dont «enrichissement illicite», «abus de fonctions», «trafic d’influence» ou «blanchiment».

Ils sont soupçonnés de malversations dans la passation de marchés publics ou la cession du domaine immobilier et foncier de l’Etat.

Mohamed Ould Abdel Aziz, 66 ans, se serait constitué un patrimoine et un capital estimés à 67 millions d’euros au moment de son inculpation en mars 2021.

Il devient l’un des rares ex-chefs d’Etat à répondre d’enrichissement illicite devant la justice.

Sans nier être riche, l’ancien président a refusé de s’expliquer sur l’origine de sa fortune et crie à la machination politique.

Il se présentera au tribunal pour «défendre (son) honneur» contre des «accusations extravagantes, fallacieuses, concoctées par une équipe hybride sélectionnée au service de l’injustice», a-t-il écrit mardi dans une déclaration transmise par un de ses avocats.

Par Le360 Afrique (avec AFP)
Le 24/01/2023 à 19h51

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