Mauritanie: réactions des migrants suite à la mise en place de la carte de séjour pluriannuelle

Des migrants ouest-africains à Nouakchott.
Le 12/02/2024 à 14h21

VidéoLe gouvernement mauritanien a adopté une nouvelle mesure portant la durée de validité de la carte de séjour d’un à 5 ans. Une bonne nouvelle saluée par les nombreux migrants vivant en Mauritanie, qui s’interrogent tout de même sur le coût de ce nouveau titre de séjour pluriannuel.

La Mauritanie adapte sa politique migratoire en adoptant la carte de séjour pluriannuelle au profit des migrants vivant dans le pays. Désormais, ceux-ci peuvent bénéficier des cartes de séjour d’une validité de 5 ans, au lieu de la carte renouvelable annuellement.

Une décision bien accueillie par les responsables des associations de migrants, ces dernières étant considérées comme l’interface dans la gestion des flux migratoires par les autorités mauritaniennes et l’Organisation internationale des migrations (OIM).

Toutefois, ces responsables s’interrogent sur le maintien ou non du coût de la carte de séjour. Le tarif annuel du timbre du titre de séjour de 3000 ouguiyas, soit autour de 70 euros, est jugé excessif.

Salifou Aziz Naboudja, délégué pays du Haut conseil des Togolais de l’étranger (HCTE), approuve la nouvelle réglementation, qui devrait grandement contribuer à la sérénité des migrants lesquels ne seront plus obligés de renouveler annuellement un document dont le défaut de possession est la source de nombreux problèmes. Cependant, il s’interroge sur le coût de la délivrance de ce titre de séjour pluriannuel et espère le maintien du prix du timbre à 3000 ouguiyas, tout en saluant le climat favorable aux migrants, qui règne actuellement en Mauritanie.

Idem pour Kalamatiene Nyome Dady, artiste-plasticien originaire de la RD Congo, vivant en Mauritanie depuis plus de 20 ans. Tout en saluant cette initiative, il s’interroge également sur une éventuelle hausse du coût de la carte de séjour dont la multiplication par 5 mettrait le document hors de portée de la grande majorité des migrants, compte tenu de leurs revenus en général plutôt faibles, proches du SMIG.

Enfin, Kiamana Maya Clara, enseignante originaire également de la RDC, qui vit également depuis de nombreuses années en Mauritanie, salue la mise en place de la carte pluriannuelle, mais reste aussi prudente sur une éventuelle hausse du coût d’un document déjà jugé trop cher.

Par Amadou Seck (Nouakchott, correspondance)
Le 12/02/2024 à 14h21