Niger, Mali, Burkina Faso: la carte d’identité AES, premier acte concret d’une confédération qui veut exister au-delà des discours

Le Niger rejoint le Burkina Faso comme deuxième État membre de l'AES à lancer un système d'identification biométrique

Le 30/03/2026 à 11h03

Le Niger a officiellement lancé vendredi 28 mars 2026 la nouvelle carte nationale d’identité biométrique de l’Alliance des États du Sahel, première étape d’une harmonisation des documents d’identité entre le Burkina Faso, le Mali et le Niger. Décidée après le retrait des trois pays de la CEDEAO en septembre 2023, cette initiative vise à poser les bases d’une libre circulation intra-AES et d’une infrastructure numérique souveraine commune.

Il y a des objets qui pèsent plus lourd que leur format plastique ne le laisse supposer. La nouvelle carte nationale d’identité biométrique AES, dont le Niger vient de lancer officiellement la délivrance le 28 mars 2026, est de ceux-là. Ce n’est pas un document administratif de plus. C’est l’un des premiers artefacts tangibles d’une confédération qui, depuis le retrait du Burkina Faso, du Mali et du Niger de la CEDEAO en septembre 2023, cherche à incarner son existence autrement que par des communiqués et des sommets.

Les autorités nigériennes ont procédé, vendredi, au lancement officiel de la nouvelle carte nationale d’identité biométrique AES, dans le cadre de la promotion de l’intégration régionale au sein de l’espace de l’Alliance des Etats du Sahel (AES).

Avec le début de délivrance de nouvelles cartes d’identité et le projet du passeport biométrique en cours, chaque Nigérien, à l’instar des citoyens des autres pays de l’AES, pourra se déplacer en toute sécurité, a indiqué le président nigérien, le Général Abdourahamane Tiani, à l’occasion de la délivrance de la première carte d’identité AES.

Par ailleurs, il a appelé à faire preuve de vigilance pour toute éventuelle imitation ou une remise en cause permanente du document.

D’après la société mandatée par les autorités nigériennes pour la production de pièces d’identité sécurisées, ce projet de carte d’identité biométrique ne se limite pas à la simple délivrance d’un document officiel moderne, «mais constitue un pilier fondamental de la construction d’une infrastructure numérique souveraine pour l’Etat».

Cette infrastructure soutiendra le développement des services publics, renforcera la sécurité des identités et sera conforme aux normes internationales en matière de gestion de l’identité numérique, selon la direction de l’entreprise, citée par l’Agence nigérienne de presse.

Les chefs d’Etat des pays membres de l’AES, regroupant le Burkina Faso, le Mali et le Niger, avaient décidé de l’harmonisation des spécifications techniques des documents de voyage et d’identité dans l’espace confédéral, après le retrait de ces trois pays de la Communauté économique des Etats de l’Afrique de l’Ouest en septembre 2023.

Par Le360 (avec MAP)
Le 30/03/2026 à 11h03