Ouganda: après la réélection de Museveni, son fils dit vouloir la mort de l’opposant Bobi Wine

Muhoozi Kainerugaba, fils du président ougandais Yoweri Museveni.

Le 20/01/2026 à 09h58

Le chef de l’armée ougandaise et fils du président Yoweri Museveni a affirmé vouloir la mort du leader de l’opposition Bobi Wine, dans un message publié lundi soir sur X, quelques jours après la réélection de son père jeudi pour un septième mandat.

Muhoozi Kainerugaba est connu pour ses commentaires débridés et ses provocations sur le réseau social X, qui ont pu engendrer des tensions diplomatiques.

«Nous avons tué 22 terroristes de la NUP (la Plateforme d’unité nationale, le parti de Bobi Wine, NDLR). Je prie pour que Kabobi (le surnom qu’il lui a donné) soit le 23ème», a écrit Muhoozi Kainerugaba, dans une suite de messages aussi agressifs que mystiques.

«Moi, Muhoozi Kainerugaba, suis un prophète de Dieu tout puissant. Je vous avais dit que Mzee (le vieux, le surnom de son père) gagnerait par le plus grand écart depuis 1996 et c’est arrivé. Maintenant, je vous dit qu’on va se débarrasser de la NUP dans notre pays comme d’un mauvais rêve», a-t-il poursuivi.

Et le fils de Yoweri Museveni, qui aspire à lui succéder, de remercier Dieu d’avoir «entendu sa prière» car «tous les Ougandais croiront que je suis la résurrection et la vie», tout en moquant la taille du nez de Bobi Wine et le traitant de «babouin».

«J’exonère mon vénérable père de (la responsabilité pour) ce que je vais faire à Kabobi», a encore commenté Muhoozi Kainerugaba, qui était resté étonnamment silencieux durant la campagne électorale.

Ex-guérillero âgé de 81 ans, Yoweri Museveni a remporté un septième mandat consécutif avec 71,65% des suffrages, selon les résultats définitifs de la présidentielle communiqués samedi par la commission électorale.

Bobi Wine, crédité de 24,72% des voix et qui a exprimé son « rejet total des résultats truqués », a indiqué s’être caché après un raid des forces de sécurité sur son domicile.

Il a dénoncé mardi sur X des «menaces de mort» de Muhoozi Kainerugaba et à appeler les militaires stationnés chez lui depuis jeudi soir à «quitter (son) domicile».

«Ma femme et ma famille ne sont pas en sécurité. Ils meurent de faim car ces criminels les empêchent de recevoir de la nourriture», a-t-il affirmé. «Libérez l’Ouganda maintenant.»

Le résultat du scrutin a été rejeté par l’opposition et critiqué par des observateurs et des ONG, qui ont notamment pointé le blocage d’internet pendant plusieurs jours et la répression de l’opposition.

Par Le360 Afrique (avec AFP)
Le 20/01/2026 à 09h58