Tchad: comment la mosquée Mohammed VI de N’Djamena catalyse le soft power marocain

Mosquée Mohammed VI de N'Djamena

Le 07/03/2026 à 10h35

L’inauguration de la mosquée Mohammed VI à N’Djamena le 6 mars 2026 illustre avec éclat la stratégie de diplomatie religieuse déployée par le Maroc en Afrique. Ce complexe de 33 000 m², intégrant espaces de culte (3 000 fidèles), centre culturel et bibliothèque scientifique, dépasse la simple fonction cultuelle pour incarner un hub éducatif et symbolique.

La Fondation Mohammed VI des Ouléma Africains a supervisé, vendredi 6 mars, l’ouverture officielle de la mosquée Mohammed VI à N’Djamena, une infrastructure s’inscrivant dans le cadre du renforcement des liens spirituels, scientifiques et fraternels historiques unissant la République du Tchad et le Royaume du Maroc.

S’étendant sur une superficie d’environ 33.000 m2, ce complexe religieux et culturel comprend des espaces dédiés à la prière pouvant accueillir plus de 3.000 fidèles, ainsi qu’un complexe culturel intégré doté d’une salle de conférences, d’une bibliothèque scientifique, de salles de réunions et de bureaux administratifs.

La cérémonie d’ouverture s’est déroulée en présence du ministre délégué auprès du ministre de l’administration du territoire, Ahmat Oumar Ahmat, qui a représenté le Président de la République du Tchad, du maire de N’Djamena, Senoussi Hassana Abdoulaye, de l’ambassadeur du Maroc à N’Djamena, Abdellatif Erroja, et d’une importante délégation marocaine conduite par le Secrétaire général de la Fondation Mohammed VI des Oulémas africains, Mohamed Rifki.

S’exprimant au nom des autorités tchadiennes, M. Ahmat a affirmé que cette inauguration traduit une volonté commune de promouvoir la culture de la modération et de diffuser les valeurs de tolérance au sein des sociétés africaines.

De son côté, M. Rifki a noté que ce monument religieux reflète l’intérêt accordé par le Souverain marocain au renforcement de la présence religieuse et scientifique sur le continent africain.

Le Mufti de la République du Tchad, Cheikh Ahmed Nour Mahamat Al-Helou, a témoigné de l’attention particulière accordée au renforcement du rôle des mosquées en Afrique et à la consolidation de leur mission éducative et scientifique.

Au nom du Conseil national des Affaires Islamiques du Tchad, Cheikh Abdeldaim Abdallah Ousmane a qualifié cet édifice de pôle du savoir et symbole de la fraternité sincère entre les peuples marocain et tchadien, avant que les intervenants ne rendent un hommage posthume à l’ancien président du Conseil supérieur des affaires islamiques du Tchad, Cheikh Hissein Hassan Abakar, pour ses contributions à ce projet.

À l’issue des explications techniques et du dévoilement de la plaque commémorative, la première prière du vendredi a été accomplie en présence d’une foule importante de fidèles venue assister à l’ouverture de ce nouvel édifice religieux, en présence de nombreuses personnalités officielles, religieuses et scientifiques tchadiennes et marocaines.

Notons que les discours officiels, tant tchadiens que marocains, convergent vers des objectifs stratégiques. Le ministre tchadien Ahmat Oumar Ahmat y voit un instrument de promotion de la “modération” et de la “tolérance”, tandis que Mohamed Rifki, secrétaire général de la Fondation, souligne l’ancrage continental de l’influence religieuse et scientifique marocaine. Plus significatif encore, le Mufti du Tchad, Cheikh Ahmed Nour Mahamat Al-Helou, valide cette vision en saluant le renforcement du rôle “éducatif et scientifique” des mosquées – une adhésion cruciale aux standards promus par Rabat.

L’hommage posthume à Cheikh Hissein Hassan Abakar, ancien président du Conseil supérieur des affaires islamiques du Tchad, et la qualification de l’édifice comme “pôle du savoir” par Cheikh Abdeldaim Abdallah Ousmane, du Conseil national des Affaires Islamiques, confirment la réussite de l’opération: le Maroc assoit sa légitimité via des relais locaux, transformant un projet bilatéral en symbole de fraternité islamique africaine. Autre élément à noter: la présence conjointe des délégations politiques, religieuses et scientifiques lors de la première prière du vendredi qui consacre cette infrastructure comme un outil de soft power – fédérant élites tout en rayonnant vers les populations. Le projet matérialise ainsi l’ambition marocaine de structurer l’espace religieux africain autour de son modèle, combinant tradition spirituelle et modernité éducative.

Par Le360 (avec MAP)
Le 07/03/2026 à 10h35