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#Culture

Sénégal: la circoncision, entre pratique religieuse et coutume africaine profondément ancrée

Mise à jour le 18/06/2022 à 09h11 Publié le 18/06/2022 à 09h07 Par De notre correspondant à Dakar Moustapha Cissé

#Sénégal : A Dakar, on est loin de la «case de l’homme» ou du «bois sacré» qu’on trouve en Casamance. Des termes utilisés pour parler de la circoncision et de tout le rituel qui l’accompagne. Les circoncis n'ont plus droit aux célébrations qui doivent les accompagner dans leur initiation à la vie adulte.

Dans la mégalopole sénégalaise, la tradition se perd. Si l’acte chirugical consistant à couper le prépuce de la verge du garçon demeure, la solennité qui l’accompagnait jadis tend à disparaitre.

Certes, dans le langage courant, on appelle encore la circoncision «dugg néegu góor», expression wolof qui se traduit par «entrer dans la case de l'homme» et signifie le passage à l'âge adulte. Mais aujourd'hui, l’endroit où sont admis les circoncis n’a rien d’une case et ce ne sont plus les adolescents d'une même classe d'âge qui sont regroupés pour subir ensemble les rites consacrés.

Désormais, ce sont de tout jeunes enfants de 5 à 7 ans au plus qui sont circoncis. Et les parents attendent souvent le début de l’hivernage coïncidant avec les vacances scolaires. De plus, dans certains cas, la facture est prise en charge par la municipalité ou de bonnes volontés.

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Pratique à la fois religieuse obligatoire pour les musulmans et coutumière chez beaucoup de peuples du continent, la circoncision est souvent accompagnée au Sénégal, dans les sociétés traditionnelles, de rituels appelés «kasag». Il s’agit de chants traditionnels qui, selon les croyances populaires, aident à combattre les esprits maléfiques et protéger l’enfant. Mais ce patrimoine immatériel tend à disparaître de nos jours.

Si à Dakar et dans certaines régions de l’ouest et du nord du pays, les enfants circoncis ont plus ou moins 5 ans, en Casamance, dans le Sud, ils sont plus âgés. La preuve: leurs mariages sont célébrés aussitôt après la fin du «bois sacré».

Le 18/06/2022 Par De notre correspondant à Dakar Moustapha Cissé