Une caricature du fondateur du «Mouridisme» suscite l’indignation

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Le 01/02/2016 à 00h41, mis à jour le 29/08/2016 à 13h29

Le magazine «Jeune Afrique» a publié, le 28 janvier, un dessin de presse de son dessinateur Glez, qui intégrait une photo du fondateur de la confrérie mouride, Cheikh Ahmadou Bamba. Ce qui n’a pas manqué de susciter de nombreuses réactions au Sénégal jusqu’au plus haut sommet de l’Etat.

«Nous sommes conscients qu’il existe des personnes mal intentionnées qui cherchent toujours à faire mal. Dieu leur a réservé une punition. Il y a un an déjà, le prophète Mohamed (Psl) était victime de pareilles attaques. Ce n’est pas un hasard, au vu de leurs relations exceptionnelles, que Khadim Rassoul soit aussi visé. Que ceux qui disent du mal sur Serigne Touba et que ceux qui les soutiennent arrêtent», a déclaré, hier en conférence de presse, le porte-parole du khalife général des mourides, Serigne Bass Abdou Khadre, faisant une allusion directe avec les caricatures de Charlie Hebdo. Il affirme avoir saisi le président Macky Sall de l’affaire.Et le gouvernement du Sénégal n’a pas tardé à réagir par la voix de son porte-parole, le ministre Seydou Guèye. «Ce sont des pratiques que nous ne saurions accepter», dit ce dernier.«Il y a eu un précédent et le gouvernement a eu la même position, allant même jusqu’à interdire la diffusion du journal qui avait commis ce forfait [en référence à Charlie Hebdo]. On n’accepte pas qu’une personnalité aussi illustre que Cheikh Ahmadou Bamba soit mêlée a ce type de débat et de considérations.Le gouvernement exprime donc sa plus forte indignation et condamne de façon ferme et définitive cette pratique», ajoute Seydou Guèye. Il n’exclut pas l’interdiction de la vente du magazine au Sénégal après cette affaire. «C’est une chose qui pourrait arriver, on ne saurait contribuer à la vulgarisation d’un article aussi dégradant. On ne saurait cautionner cela...», dit-il.Après ce tollé, «Jeune Afrique» a retiré de son site l’article et la caricature incriminés. Dans une mise au point publiée dans le site du magazine, ce 29 janvier, signée par Elise Colette, rédactrice en chef du numérique, «Jeune Afrique» a présenté ses «sincères excuses". «Nous comprenons parfaitement que ce dessin ait pu choquer et présentons nos sincères excuses à tous ceux qui ont été offensés», écrit-elle.«Avec ce dessin, notre intention n’était pas de blesser qui que ce soit, et encore moins de porter atteinte à la figure vénérée par de nombreux fidèles de Cheikh Ahmadou Bamba, mais de dénoncer la bêtise de ceux qui ne font pas la différence entre un caftan et une robe, avec toutes les déductions faciles et infondées qui pourraient en découler. Une simple analogie humoristique avec l’«affaire Waly Seck», donc. [Mais] compte tenu de l'émotion suscitée au Sénégal, nous avons préféré supprimer ce dessin et le texte qui l'accompagnait», ajoute-t-elle.

Par Ibrahima Diallo (Dakar, correspondance)
Le 01/02/2016 à 00h41, mis à jour le 29/08/2016 à 13h29