Sénégal. "Education pour tous": un tiers des enfants jamais scolarisés

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Le 16/12/2017 à 08h48, mis à jour le 16/12/2017 à 09h37

37% des enfants sénégalais sont actuellement «hors système» éducatif au Sénégal. 29% d’entre eux n’ont jamais été scolarisés. L’USAID et le ministère de l’Education tirent la sonnette d’alarme.

Alors que le ministère de l’Education nationale a fait de l’"Education pour tous" l’un de ses principaux objectifs, 37% des enfants du Sénégal sont "hors système".

Ce chiffre, révélé par Khady Diop Mbodj, directrice de l’Enseignement élémentaire, est le résultat d'une étude menée par le ministère de l’Education nationale, avec l’appui de l’Agence des Etats-Unis pour le Développement international (USAID). Parmi eux, 29% n’ont jamais été scolarisés tandis que 8%, pour des raisons diverses, ont prématurément quitté l’école.

Cette situation est d’autant plus alarmante que plus de la moitié des 14 millions de Sénégalais est composée de jeunes. Afin de remédier à cette problèmatique, qui touche en majorité les régions de l’intérieur du pays, le ministère de l’Education, en partenariat avec l’Agence américaine, s’est lancé dans une campagne de sensibilisation à l’endroit des populations.

A travers cette étude, "le ministère de l’Education nationale va lancer une intervention d’envergure dans les régions de Ziguinchor, Sédhiou, Kolda et Kédougou», a annoncé Khady Diop Mbodj, qui a profité de la cérémonie de lancement d’un projet d’éduction inclusive pour lancer une alerte à l’endroit des populations de Ziguinchor.

Le but visé est d’offrir à ces enfants la possibilité d’être instruits. Ainsi, à travers des classes passerelles, les autorités vont donner aux plus jeunes l’opportunité de revenir à l’école par des raccourcis. Ceux qui ont dépassé l’âge d’être scolarisés pourront bénéficier d’une formation professionnelle.

Notons qu’à défaut d’être déclaré à la naissance et en raison des difficultés que vivent leurs familles, la majorité des enfants scolarisés dans les régions de Kolda, Ziguinchor, Sédhiou et Kédougou quittent prématurément l’école. Il serait alors important que les autorités des communes multiplient les audiences foraines pour que les enfants bénéficient d'actes d’état civil et poursuivent leurs études.

Par Mamadou Awa Ndiaye (Dakar, correspondance)
Le 16/12/2017 à 08h48, mis à jour le 16/12/2017 à 09h37