Burkina Faso: baisse historique de 32% des cas de paludisme en 2025

Dr Jean Claude Kargougou (au milieu), ministre de la Santé et de l'Hygiène publique du Burkina Faso.

Le 22/02/2026 à 13h42

Selon les données du ministère de la Santé, les cas de paludisme ont baissé de 32,17%, soit plus de 3,4 millions de cas évités en une seule année. Le gouvernement ambitionne l’élimination de cette pathologie au Burkina Faso à l’horizon 2030.

Cette baisse du nombre de cas témoigne à la fois des mesures prises pour lutter contre ce problème majeur de santé publique (première cause de consultation et de décès) et de l’engagement politique au plus haut niveau de l’État. Un engagement porté par le Chef de l’État et qui a finalement conduit les Burkinabè à prendre conscience de la nécessité d’assainir son cadre de vie.

«Le nombre de cas de paludisme et de décès liés à cette maladie n’a pas été annoncé sans base factuelle. Depuis juin-juillet 2025, nous avions commencé à voir cette baisse tendancielle du nombre de cas parce que nous avons mis en place des mécanismes de suivi hebdomadaire», a déclaré Dr Jean-Claude Kargougou, ministre de la Santé.

Au nombre des mesures qui ont permis d’atteindre ce résultat, l’introduit du vaccin antipaludique (RTS,S) dans la vaccination de routine, avec un passage à l’échelle du vaccin R21 en août 2025; la prévention par la chimio-prévention pour les enfants de 3 à 59 mois, et par la distribution des millions de moustiquaires imprégnées d’insecticides à longue durée d’action.

Parmi les mesures figurent également la prise en charge par l’utilisation de tests diagnostiques rapides et les traitements basés sur les combinaisons thérapeutiques à base d’artémisinine.

Selon le ministre de la Santé, cette performance, outre ses effets sur la santé, a également des retombées sociales et économiques. Il a souligné qu’en 2025, plus de 1.900 décès ont été évités, permettant ainsi aux familles d’économiser plus de 15 milliards de francs CFA en coûts directs de prise en charge (transport, consultation, examens, médicaments).

«Plus de 33.000 volontaires communautaires et 7.000 agents de santé ont sillonné villes et villages, y compris dans les zones à fort défis sécuritaire pour assurer une protection équitable des ménages. Cette proximité a renforcé l’appropriation communautaire et la responsabilité collective», a expliqué le ministre.

Chez les enfants de moins de cinq ans, le niveau de la baisse s’établit à 38,60 % et celui des décès à 43,83 %. Ces données, selon le ministre, ont été passées en revue par des groupes d’experts nationaux, dont le Pr Tinto, figure mondiale de la lutte contre le paludisme.

Fort de ce progrès, le gouvernement ambitionne l’élimination du paludisme au Burkina Faso à l’horizon 2030 et prévoit d’allouer les ressources nécessaires à la réalisation de cet objectif.

Par Jean Paul Windpanga Ouédraogo (Ouagadougou, correspondance)
Le 22/02/2026 à 13h42