Cameroun: la profession d’avocat attire mais pas toujours pour les bonnes raisons

Le 14/03/2026 à 14h07

VidéoL’examen d’aptitude au stage d’avocat au barreau du Cameroun pour 2026 aura lieu à Yaoundé les 18 et 19 avril. Une occasion pour l’opinion de faire une incursion dans cette profession incontournable pour le respect des droits des justiciables.

L’avocat a pour rôle dans la société de conseiller, de représenter et de défendre les intérêts de ses clients qui peuvent être des personnes physiques ou morales. Il agit ainsi comme un intermédiaire auprès de la justice en plaidant devant les tribunaux.

C’est ce professionnel des affaires judiciaires qui est différemment apprécié dans les rues de la capitale Yaoundé.

La plupart des citoyens ne sollicitent ses services que lorsqu’ils font face à la justice. Comme cette dame rencontrée non loin du palais de justice. «Après la mort de mon mari, mes beaux-frères m’ont accusée d’avoir tué leur frère. Ne pouvant pas réellement me défendre toute seule, j’ai été contrainte de prendre un conseil qui m’aide tant bien que mal», a-t-elle confié.

La réticence d’avoir un conseil au Cameroun se justifie pour certaines personnes, par le manque des moyens mais aussi du fait de la moralité jugée «peu conforme de certains avocats" comme l’a expliqué un chef de famille du quartier Tongolo. «Ici, très peu d’avocats sont honnêtes. Certains vont jusqu’à comploter avec votre adversaire dans une affaire où tous les éléments étaient en votre faveur. Il y a même des avocats qui ne reversent pas les créances à leurs clients. Ils sont malhonnêtes», a-t-il déclaré.

Au sein du barreau, les critères d’un bon avocat sont pourtant connus de tous. Comme les énumère Me Deborah Essoh Ewane, avocat au barreau du Cameroun avec pour résidence Yaoundé. «La probité morale, la loyauté et la discrétion sont les caractères d’un bon avocat. Sortir de ces principes nous expose aux critiques sévères», a-t-elle martelé.

Au Cameroun, le processus d’admission au barreau indique qu’après les études, les aspirants effectuent un stage de deux ans auprès d’un maître de stage. C’est à l’issu de ce stage que chacun doit obtenir le Certificat d’aptitude à la profession d’avocat (Capa) pour prêter serment et s’inscrire au barreau.

Les candidats qui affronteront ainsi les épreuves en avril prochain doivent être de nationalité camerounaise, âgés d’au moins 21 ans et détenir une licence en droit. Le candidat doit fournir une lettre de parrainage d’un avocat inscrit au barreau depuis au moins cinq ans.

Les dossiers de candidature doivent être déposés au plus tard le 16 mars 2026. L’examen se déroule généralement à Yaoundé à l’école nationale d’administration et de magistrature.

Par Jean-Paul Mbia (Yaounde, correspondance)
Le 14/03/2026 à 14h07