Il n’y a pas un seul jeune à Yaoundé qui ne voudrait pas se marier parce qu’au-delà des considérations religieuses, le mariage est l’un des éléments par excellence qui prouve le sens de responsabilité, d’honnêteté et de clairvoyance de toute personne socialement incluse.
Malheureusement, les jeunes généralement font face à la dote, une barrière érigée par les aïeux et qui influence de plus en plus l’union sacrée entre ceux qui ont des ambitions de se mettre en couple dans l’optique de fonder une famille.
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Au paravent, la dot n’était pourtant qu’un symbole comme en témoigne le chef traditionnel de troisième degré Ndjomo Onana François du village Nkol Koss qui rappelle que «la dot n’était pas ce que nous voyons aujourd’hui. Les parents de la fille exigeaient quelques biens comme deux ou trois bêtes à égorger le jour de la fête, un pagne pour la belle-mère, quelques noix de kola et une enveloppe symbolique qui ne pouvait pas excéder 20.000 Fcfa. De nos jours, la même dot est évaluée au minimum à cinq millions de Fcfa, ce qui n’est pas raisonnable pour notre société», a déclaré sa majesté Ndjomo Onana, de l’ethnie Eton du grand ensemble Ekang où malgré leur volonté, les jeunes peinent à se marier à cause du cout excessif de la dot.
Charles Joël est parmi les jeunes qui attendent encore les moyens pour pouvoir se marier : «C’est depuis 22 ans que je vis sous le même toit avec ma petite amie. Ma priorité actuellement est d’aller verser sa dot chez ses parents mais je ne veux pas vous mentir, je n’ai pas encore la totalité des choses qu’on m’a exigées à savoir 12 porcs de race, une tronçonneuse neuve, 8 sacs de riz, 10 cartons de savon, 5 sacs de sel, 9 cartons d’huile végétale et biens d’autres choses que j’oublie. Je vais les achèter progressivement jusqu’à ce que la liste soit complète», a-t-il déclaré.
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Au Cameroun, les Ekang se trouvent dans les régions du Centre, du Sud et de l’Est. On les retrouve également dans certains pays de la sous-région Afrique centrale comme le Gabon, le Congo et la Guinée Equatoriale.
Doit-on supprimer la dot dans le processus du mariage au Cameroun? La réponse des sages rencontrés à Yaoundé est négative. Chacun soutient que la dot a une valeur ancestrale que les générations doivent préservées tout en évitant les excès.




