Cameroun. Obala, la ville-mémoire ancrée dans son présent

Le marché d'Obala.

Le 17/02/2026 à 15h47

VidéoPlusieurs villes du Cameroun conservent des vestiges de la colonisation allemande entamée dès 1884 et en font même leur identité urbaine. Obala en est la parfaite illustration. Nommée ainsi référence à la savane peuplée de biches, la ville permet au visiteur de conjuguer passé et présent dans une localité, carrefour de plusieurs tribus.

Obala est quasiment une cité-banlieue de la ville de Yaoundé. Elle est située dans le département de la Lékié à une quarantaine de kilomètres de la capitale politique du Cameroun. La population d’Obala est estimée à environ deux millions d’habitants répartis sur une superficie de 475 kilomètres carrés. C’est la ville-carrefour entre les régions de l’Est, de l’Ouest, du Centre et les régions septentrionales du pays.

C’est l’une des villes de la région du Centre occupées par les Allemands dès 1884 comme en témoigne l’octogénaire Mala Etoga Grégoire, natif de la localité. «Presque tous les grands bâtiments ici ont été construits par les Allemands. Les Français les ont juste occupés quand ils se sont installés à leur tour. Vous avez par exemple la résidence de l’ancien chef de groupement qui sera bientôt érigée en palais culturel des Esselés d’Obala ainsi que le grand immeuble qui abrite en partie les services de la poste et l’ancien marché central d’Obala malheureusement victime d’un incendie».

Au-delà de ces imposants bâtiments, Obala peut être fière de sa gare, point de départ des populations vers les régions du grand Nord que sont Ngaoundéré, Garoua et Maroua. La garde présidentielle y a aussi construit l’un de ses centres d’instruction conçue pour défendre la ville contre les attaques étrangères.

Les habitants de cette ville vivent en harmonie comme l’a relevé avec fierté Mama Gisèle. «Bien difficile d’entendre des éclats de voix ici entre les autochtones et les allogènes comme les Bamilékés, les Bamouns et les peuls qui sont les communautés les plus représentatives. Nous vivons sans problème. Même lorsqu’il y a des malentendus, nous les réglons dans la paix», a-t-elle martélé.

Obala est aussi une destination qui rassure, du fait de la variété des aliments au menu du marché local. Il n’est pas exagéré d’avancer que les meilleures grillades de la viande de bœuf dans la région du Centre se retrouvent dans cette localité réputée pour son élevage bovin. Mais l’offre culinaire ne se limite pas à la seule viande grillée. Le poisson grillé à la braise est également l’une des spécialités des femmes de la localité qui excellent dans la gastronomie à base de viande de brousse.

Et c’est pour toutes ces raisons que le nouvel exécutif communal ne ménage aucun effort pour rendre la ville d’Obala plus attractive. En très peu du temps, la ville s’est débarrassée des tas d’immondices qui jonchaient la plupart de ses rues bitumées. Le visiteur d’Obala a une panoplie de choix pour son hébergement, son divertissement et surtout sa gastronomie. Une ville à visiter.

Par Jean-Paul Mbia (Yaounde, correspondance)
Le 17/02/2026 à 15h47