Cameroun. Plus de diplômés, moins d’emplois: l’équation que le gouvernement ne parvient pas à résoudre

«Le Cameroun pêche par son héritage colonial français»

Le 18/01/2026 à 15h50

VidéoChaque année, le Cameroun forme de milliers de diplômés qui aspirent à trouver un emploi. Seulement, très peu parviennent à s’insérer dans les entreprises publiques ou privées. Le gouvernement multiplie pourtant des stratégies pour inverser la tendance.

Le Cameroun forme en moyenne 47.500 diplômés de l’enseignement supérieur par an, avec un nombre de bacheliers estimé à environ 200.000 pour la même période.

L’Institut national de la statistique relève que le nombre des diplômés augmente dans le pays avec une hausse de 15,6% observée sur trois ans. Seulement, la création d’emplois ne suit pas l’évolution du nombre des diplômés dans un contexte où la population jeune est la plus considérable sur l’ensemble du territoire national.

A Yaoundé, certains croient avoir identifié le mal qui ronge le Cameroun, comme Léonard Ntougou, un universitaire rencontré au centre-ville. «Le Cameroun pêche par son héritage colonial français. Les colons français avaient enseigné le culte du diplôme comme la norme de la connaissance universelle. Et pire, ils ont érigé la fonction publique au sommet de toute insertion socio-professionnelle. C’est cette logique que nos dirigeants ont suivie depuis l’indépendance en 1960», a-t-il déclaré avant d’inviter les jeunes leaders à créer eux-mêmes leurs entreprises pour plus d’autonomie dans la diversité.

Il faut tout de même relever que quoique les formalités de création d’une entreprise aient été minimisées au Cameroun depuis une dizaine d’années, les chefs d’entreprises sont régulièrement confrontés à une fiscalité prohibitive. Ce qui entraine généralement la fermeture précoce de nombreuses entreprises augmentant ainsi le taux de chômage dans le pays.

Par Jean-Paul Mbia (Yaounde, correspondance)
Le 18/01/2026 à 15h50