Il est un peu plus de dix heures au marché de Sonfonia Centre à Conakry. Entre les étals clairsemés et les clientes au regard inquiet, l’ambiance est lourde.
À l’approche du Ramadan, période traditionnellement marquée par une forte consommation, les prix des denrées de base connaissent une flambée sans précédent. Parmi les produits les plus touchés, l’oignon est devenu presque un luxe. Haby Diallo, commerçante, peine à masquer son désarroi «le sac est revendu à 400.000 francs guinéens et au détail à 2.000. Les gens viennent au marché avec 30.000 ou 50.000 francs. Comment peut-on, avec ça, acheter du riz, du poisson, des oignons? Il faut que ça change», insiste la commerçante.
Mais la cherté de la vie n’est pas la seule difficulté. Les récentes opérations de déguerpissement ont profondément bouleversé le quotidien de nombreuses femmes qui exerçaient leurs activités en bordure de route. Aujourd’hui sans emploi, elles affrontent une précarité encore plus sévère à l’approche du Ramadan.
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Hélène Zoumanigui, citoyenne, en témoigne avec amertume «nous prenons le kilo de sucre à 8.500 pour le revendre à 9.000 francs. Tout ça nous préoccupe. Nous avons été déguerpis, nos hommes ne travaillent pas. En période de Ramadan, les dépenses sont considérables, et sans sources de revenus, c’est très compliqué».
À ces difficultés s’ajoutent des contraintes logistiques évoquées par les commerçants, notamment des blocages au port autonome de Conakry. «On nous dit que les coûts exorbitants sont liés à des blocages au port. Si les autorités ne règlent pas ce problème, la situation va être compliquée, surtout avec l’approche du Ramadan», alerte Haby Diallo.
Face à ce tableau sombre, les citoyens appellent à des mesures fortes et urgentes. «Il faut que les autorités travaillent à réduire le coût des denrées. Tout est produit chez nous, mais tout est cher. Pendant ce temps, nous nous perdons dans des querelles inutiles alors que nous avons un pays à développer», plaide Hélène Zoumanigui. «Il faut que le chef de l’État mette plus de pression sur les opérateurs économiques», ajoute-t-elle.
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À Sonfonia Centre, l’approche du Ramadan rime cette année avec inquiétude et incertitude. Entre inflation galopante, déguerpissements et perte de revenus, commerçantes et ménages redoutent un mois de jeûne particulièrement éprouvant, dans l’attente de mesures concrètes pour soulager leur quotidien.




