Côte d’Ivoire: janvier, un mois plus long qu’une année

Le 31/01/2026 à 09h58

VidéoAprès l’effervescence des fêtes de fin d’année marquées par des ventes record, place à la désillusion. Boutiques désertes, étals peu fréquentés et chiffres d’affaires en chute libre, les commerçants peinent à tenir le coup durant ces interminables 31 jours.

C’est devenu une situation récurrente chez les commerçants. L’après-fêtes de fin d’année est perçu comme une période de ralentissement des activités. Après l’euphorie des fêtes de fin d’année, ils font face aux 31 interminables jours de janvier durant lesquels les clients se font rares.

«Janvier est un mois mort», lâche Koukougnon Célestin, commerçant de vêtements de sport. «En décembre, les clients achètent pour les fêtes, les réveillons. Mais une fois janvier arrivé, plus personne ne dépense. On ouvre la boutique juste pour espérer vendre quelque chose», confie-t-il. Pour lui, cette situation est naturelle voire éternelle.

Même constat chez Stéphanie N’guessan. Selon cette vendeuse de divers produits, «les clients viennent regarder, mais n’achètent pas. Ils disent tous manquer d’argent. Nous, on reste souvent toute la journée à ne rien faire, alors forcément le chiffre d’affaires baisse», explique-t-elle.

Dans ce méli-mélo, les restaurateurs et bien d’autres commerçants ne sont pas épargnés. «En décembre, on travaille jour et nuit. Mais une fois en janvier surtout les trois dernières semaines, même les plats les moins chers ne trouvent pas preneur», raconte Mariam Coulibaly, gérante d’un petit maquis. Et d’ajouter, «les gens préfèrent gérer les argents pour joindre les deux bouts en attendant de passer cette période».

Plusieurs raisons expliquent cette baisse généralisée de vente ou du chiffre d’affaires. Certains imputent cette situation à une mauvaise gestion des économies. D’abord, les dépenses excessives durant les fêtes. Cadeaux, vêtements neufs, cérémonies, voyages etc.; les ménages se retrouvent financièrement épuisés dès le début de l’année. Ensuite pour d’autres, le remboursement des crédits et dettes contractés en décembre pèse lourdement sur les budgets.

«L’homme lui-même n’est pas bien organisé. Il se trouve à dépenser toutes ses économies à cause de l’euphorie des fêtes (…). Sinon pour quelqu’un qui a su gérer ces économies, actuellement il ne sentira pas les effets de la longueur du mois de janvier», estime Koukougnon Célestin.

À cela s’ajoute d’autres réalités quotidiennes qui mobilisent une grande partie des revenus des familles, sans oublier la hausse des prix de certains produits de base. Résultat, la consommation est mise en pause.

Malgré ce tableau sombre, les commerçants gardent espoir. «On serre les dents en janvier, en attendant février avec l’arrivée de la fête de Saint Valentin», affirme Stéphanie. Et, «C’est comme ça chaque année, on n’a pas le choix».

Par Emmanuel Djidja (Abidjan, correspondance)
Le 31/01/2026 à 09h58