En marge du 22ème congrès de l’Association africaine de l’eau et de l’assainissement (AAEA) qui se tient du 16 au 20 février 2025, dans la capitale ougandaise, Kampala, Tchagba Laurent, ministre ivoiriens des Eaux et forêts a appelé ses homologues au financement pour l’accès à l’eau potable des pays africains.
«Cette édition offre une opportunité renouvelée aux décideurs politiques, experts, techniciens et partenaires de se rassembler afin d’échanger sur les meilleures pratiques et surtout de coconstruire des solutions en adéquation avec les réalités locales. J’ai espoir qu’il ne se limitera pas à proposer des solutions mais va constituer la boussole pour régler les défis liés au secteur» a déclaré le responsable ivoirien qui a appelé à des solutions de financement susceptibles de réduire de 50% le déficit à l’eau potable et à l’assainissement sécurisé d’ici à 2030 conformément à l’agenda des Nations unies sur l’atteinte du point 6 des objectifs de développement durable (ODD).
A Kampala, Laurent Tchagba a mis en lumière les avancées de la Côte d’Ivoire et a fait un point d’étape sur la déclaration d’Abidjan, adoptée lors du précédent congrès en 2023, pour une gestion durable des ressources et un accès pour tous à l’eau et à l’assainissement.
Cette déclaration considère l’accès à l’eau et à l’assainissement comme un droit indivisible et fondamental, de garantir la disponibilité des ressources en eau tant en quantité qu’en qualité et d’instaurer un mécanisme de financement pérenne pour le développement des services d’eau et d’assainissement. «La déclaration d’Abidjan appelait à instaurer un mécanisme de financement parrain et le développement des services d’eau et d’assainissement. Ce financement prendre en compte tout le processus allant des études à la maintenance et la réhabilitation des ouvrages. Deux ans après, en ce qui concerne la Côte d’Ivoire, on pourra citer l’élaboration d’une stratégie intégrée prenant en compte à la fois mobilisation des ressources en eau, l’accès à l’eau potable et des services d’assainissement. Cette stratégie est à présent à sa phase de mise en œuvre dans notre pays», a déclaré le ministre.
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Et d’ajouter, «la Côte d’Ivoire a entrepris de mettre en place des systèmes d’information sur l’eau dans tous les versants du pays. Une brigade spéciale de surveillance et d’intervention puis un comité de lutte contre la pollution des eaux ont été initiés pour garantir la protection des ressources en eau».
Plusieurs délégations dont l’Ouganda, pays hôte de l’AFWASA, le Sénégal, le Burkina, ont également présenté l’état de déploiement de leur politique.
Le Secrétaire général du ministère de l’Environnement, de l’Eau et de l’Assainissement du Burkina Faso, suggère d’aller progressivement vers des approches endogènes de financement. «Nous avons développé un mécanisme appelé la contribution financière en matière d’eau, fondée sur le principe pollueur payeur, préleveur payeur. Ce qui a permet d’avoir un recouvrement annuel d’environ 3 à 6 milliards FCFA», a révélé Boureima Kouanda.
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A l’issue, le ministre Laurent Tchagba, a encore recommandé la reconduction de cette déclaration avant inciter l’ensemble des ministres à payer leur cotisation au conseil des ministres africains en charges de l’eau (AMCOW), condition sine-qua-non pour rendre leur instrument de plaidoyer efficace à la recherche de financements.
«Tous les pays ont le même problème. Celui de l’accès au financement pour que nos programme puissent être mis en œuvre. C’est pour quoi j’appelle tous les pays africains à faire en sorte que notre instrument qui est l’AMCOW soit fort en payant nos cotisations», a invité Tchagba Laurent. Des actions fortes sont engagées à Kampala pour un engagement collectif et solidaire pour cette cause, notamment la création de l’Académie Africaine de l’eau et l’assainissement actée à Kampala.
En attendant, seuls 58% de la population africaine, 1,5 milliard d’habitants en 2024, ont accès à des services d’eau potable gérés de manière sûre (27 % en Afrique subsaharienne en 2017) et 72 % n’ont pas accès à des services d’assainissement de base, selon les chiffres de la Banque africaine de développement. «Il en résulte une forte incidence de maladies qui réduisent la vitalité et la productivité économique globale de l’Afrique.»