La cité minière de Rubaya, qui produit 15% à 30% du coltan mondial, est tombée aux mains du M23 en avril 2024. Ravagé par les conflits depuis 30 ans, l’est de la RDC détiendrait entre 60% et 80% des réserves mondiales de ce minerai dont est issu le tantale, essentiel à la fabrication des équipements électroniques modernes.
Le site abritant des mineurs artisanaux est situé à environ 70 kilomètres à l’ouest de la grande ville de Goma, capitale de la province du Nord-Kivu et également sous contrôle M23 depuis janvier 2025.
Selon les premières informations, un pan de colline de la zone minière, qui s’étend sur quelques dizaines de km2, s’est détaché mercredi après-midi. Un autre glissement de terrain est survenu jeudi matin.
«La colline s’est écroulée et a tué les gens», a déclaré à l’AFP Eraston Bahati Musanga, gouverneur de la province orientale du Nord-Kivu nommé par le M23, présent sur place.
«Il y a certains corps qui ont été retrouvés», a-t-il poursuivi sans donner de chiffre mais en évoquant un nombre possiblement élevé de morts.
L’AFP n’a pas été en mesure de confirmer vendredi soir un bilan avec des sources indépendantes.
«Il y a eu la pluie, l’éboulement s’en est suivi et a emporté les gens. Certains ont été engloutis et d’autres sont toujours dans les puits», a décrit Franck Bolingo, un mineur artisanal interrogé sur place par l’AFP.
«Il y a eu un éboulement mercredi, quand j’étais dans un puits à la recherche des minerais», témoigne Olivier Zinzabakwira, qui raconte avoir échappé au pire.
Vendredi, des dizaines de mineurs artisanaux étaient présents dans les collines du vaste site, creusant la terre à l’aide de simples pelles, selon des images de l’AFP.
En débardeurs et en bottes en caoutchouc pour les mieux équipés, des hommes et des femmes, certaines transportant de lourds sacs attachés à leur tête par des bouts de lanières en tissu, ont continué à travailler dans les puits pour des revenus généralement modiques.
Selon des experts de l’ONU, le M23 a mis en place à Rubaya «une administration semblable à celle d’un Etat», en créant notamment un «ministère chargé de l’exploitation des minéraux» qui délivre «des permis aux creuseurs et aux opérateurs économiques».
La taxation des activités minières par le groupe armé lui rapporte plusieurs centaines de milliers de dollars par mois, grâce à une taxe prélevée sur la production et le commerce du coltan, toujours selon les experts de l’ONU.




