La dernière grève des enseignants dans ce pays d’Afrique centrale de 2,5 millions d’habitants avait eu lieu en 2022, à la fin de l’ère Ali Bongo, renversé par le coup d’Etat du général Oligui Nguema en août 2023.
«Moi-même fils d’enseignant, je connais vos réalités. Je prends vos problèmes à bras-le-corps et je m’engage à les résoudre méthodiquement et progressivement», a déclaré M. Oligui Nguema lors de sa visite lundi, selon des propos rapportés par les médias gabonais.
Venu assister à la traditionnelle levée des drapeaux qui précède le début des cours au lycée Omar Bongo puis au lycée Léon Mba, le président s’est exprimé devant un parterre d’élèves et d’enseignants, tandis que de nombreuses classes des autres établissements publics de Libreville demeuraient vides lundi, selon plusieurs sources qui ont tenu à conserver l’anonymat.
Des professeurs grévistes font par ailleurs l’objet de pressions de la part du ministère de l’Education nationale pour suspendre la grève, a indiqué à l’AFP un professeur sous le couvert de l’anonymat.
Des notes de la direction de l’établissement affichées au lycée Léon Mba attestent de pressions exercées sur les enseignants et les élèves pour une reprise des cours, a constaté un journaliste de l’AFP.
«Un contrôle de présence des enseignants et des élèves sera effectué», pouvait-on lire sur une affiche datée du 1er février, afin d’assurer une «reprise effective des cours».
En janvier, l’arrestation de deux figures du mouvement syndical et membres du collectif SOS Education, Marcel Libama et Simon Ndong Edzo, avait suscité l’ire des enseignants. Ils avaient été libérés une semaine plus tard.
Les enseignants gabonais, qui s’estiment « précarisés » en raison de salaires gelés depuis dix ans, se sont regroupés début décembre au sein d’un collectif, SOS Education, et ont initié un mouvement de grève qui a rapidement essaimé dans le pays, avait expliqué à l’AFP fin janvier l’un de ses membres, Junior Anguila Obame, professeur de français à Libreville.
Leurs salaires - 350.000 francs CFA par mois, soit 530 euros, pour un instituteur en début de carrière - ne suffisent plus à faire face au coût de la vie élevé au Gabon, où l’inflation a été en moyenne de 2,6% par an entre 2016 et 2024.
Selon un accord signé avec les syndicats le 19 janvier, le gouvernement gabonais s’engage à «régulariser» les situations de 4.000 enseignants d’ici le 25 février, alors que le pays en compte au moins 16.000 selon le Syndicat national de l’éducation nationale (SENA).
Les membres du collectif SOS Education, jugeant ces annonces insuffisantes, ont décidé de poursuivre la grève.
