A plus de 500 kilomètres de la capitale Guinéenne, Conakry, se trouve un célèbre site, vaste, ocre et poussiéreux: la briqueterie de Mali Micidhè. Elle existe depuis plus de 50 ans et reste aujourd’hui un pilier économique locale. On y fabrique des briques en terre cuite, indispensables à la construction dans la région.
Une centaine de jeunes y travaillent chaque jour, parfois des écoliers. À la tête de cette fourmilière, Oumar Telly Souaré coordonne les équipes.
Tous travaillent sous sa supervision, dans une organisation artisanale mais structurée. «Juste sur cette section que je dirige, nous sommes 40 personnes aujourd’hui. Beaucoup sont diplômés sans emplois. Et donc nous nous débrouillons. J’ai essayé de nous trouver un moteur et des raccords pour que puissions ensemble travailler. Si nous trouvons autres chose à faire nous irons faire ça, parce que ce travail est difficile».
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La fabrication de ces briques, bien que pénible, suit un processus relativement simple. Il faut d’abord creuser la terre, puis la mouiller avant de la mouler. Après le moulage, la brique est taillée, puis laissée à sécher. Une fois sèche et cuite au four, elle est revendue entre 800 et 1000 francs guinéens, révèle Djibril Souaré, un autre responsable sur le site.
«Je peux vous dire qu’ici à Mali, c’est essentiellement avec ces briques que les gens construisent. Actuellement, nous travaillons uniquement sur commande. Rares sont ceux qui travaillent avec les briques faites à base de ciment. Ce succès s’explique par les avantages. Il y a le coût et aussi les maisons faites à base de briques cuites ont souvent une température plus agréables».
Parmi les ouvriers, Saikou Abdoullah incarne un autre visage de cette briqueterie, celui du retour au pays. Après une aventure migratoire difficile au Sénégal, il a choisi de se réinstaller à Mali et de se lancer dans ce travail éprouvant, mais rentable. «J’ai débuté ce boulot l’année dernière, j’étais à Dakar, je faisais un business qui n’a pas prospéré, je suis alors rentré. Par mois, nos gains varient souvent entre 7 et 20 millions. Ça dépend».
Ici, le principal problème reste l’accès à l’eau. Un étang sert de réserve, mais il s’assèche rapidement, compliquant la production. Malgré cela, les briques produites ici sont acheminées dans toute la région, parfois jusqu’à Conakry et même vers le Sénégal voisin.
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Mais ce travail, entièrement dépendant de la saison sèche, rappelle aussi la fragilité de cette économie artisanale, suspendue à l’eau, au climat et à l’espoir d’un lendemain plus stable.
