Guinée. Décès de l’un des condamnés pour le massacre du 28 septembre 2009: le gouvernement appelle à éviter la polémique

Opération de remise de la dépouille de Toumba Diakité à sa famille.

Le 29/03/2026 à 15h29

VidéoAu lendemain du décès de l’un des principaux condamnés pour le massacre du 28 septembre 2009, Toumba Diakité, le gouvernement a réagi lors de sa traditionnelle conférence de presse. Par la voix de son porte-parole, Ousmane Gaoual Diallo, l’exécutif a tenu à clarifier sa position, insistant sur la représentation de l’État lors des obsèques et sur la nécessité d’éviter toute polémique autour de circonstances de ce décès.

Face aux interrogations suscitées par le décès de Toumba Diakité, le gouvernement guinéen a voulu rappeler qu’il était bel et bien représenté lors des cérémonies. Le porte-parole a ainsi insisté sur la présence institutionnelle de l’État, rejetant toute idée d’absence.

Dans cette optique, Ousmane Gaoual Diallo a déclaré: «Ce matin, le gouvernement a été représenté par le ministre secrétaire général des Affaires religieuses au décès de Toumba. Il ne faut pas confondre le gouvernement avec une personne physique. Le gouvernement délègue ses responsabilités lorsque cela s’impose. Même si un membre du gouvernement venait à disparaitre, certains ministres ne pourront pas être présents aux obsèques. Le gouvernement a parlé au nom du président de la République et au nom du gouvernement».

Par ailleurs, les autorités ont également tenu à désamorcer les suspicions entourant les circonstances du décès, en appelant à la retenue et au respect des familles endeuillées.

Le gouvernement met en avant la transparence du processus et les garanties offertes aux proches pour faire la lumière sur les faits.

À ce sujet, le porte-parole a ajouté: «il faut éviter plusieurs choses dans ces cas-là. D’abord parce que c’est dramatique pour les familles, et ne doit faire l’objet de polémique. Le gouvernement essaie de faire de la transparence. Lorsqu’on rend la dépouille à la famille, elle a la possibilité de solliciter une expertise, une autopsie propre à elle. Et au cas échéant, d’engager des poursuites judiciaires. Bien sûr, il est légitime que les gens s’interrogent, mais vous pouvez aussi investiguer de ce point de vue-là et rassurer l’opinion ou en tout cas l’éclairer».

À travers cette prise de parole, le gouvernement guinéen cherche à conjuguer devoir de transparence et apaisement du climat social, tout en réaffirmant son respect des familles et son attachement aux procédures légales.

Le massacre du 28 septembre 2009

Le 28 septembre 2009, au moins 156 personnes ont été tuées, par balle, au couteau, à la machette ou à la baïonnette, et des centaines blessées, dans la répression d’un rassemblement de l’opposition dans un stade de Conakry et ses environs, selon le rapport d’une commission d’enquête internationale mandatée par l’ONU.

Au moins 109 femmes ont été violées et d’autres séquestrées et retenues plusieurs semaines comme esclaves sexuelles.

Les exactions ont continué plusieurs jours contre des femmes séquestrées et des détenus torturés dans ce qui est considéré comme l’un des épisodes les plus sombres de l’histoire contemporaine de la Guinée, alors que les chiffres réels sont probablement plus élevés.

Par Mamadou Mouctar Souaré (Conakry, correspondance)
Le 29/03/2026 à 15h29