Les Khassonkés sont un peuple manding né du métissage de Peuls et de Malinkés, principalement localisé dans la région de Kayes, cercles de Bafoulabé et de Kayes, à la frontière sénégalaise.
Depuis des générations, ils pratiquent le Dansa, une danse cérémonielle rythmée par le tambour, le Doundounba et le Tantanno, exécutée lors des mariages, des baptêmes et des intronisations de chefs coutumiers. Physique, cadencée, évoluant d’un tempo lent vers un rythme soutenu, elle fut longtemps réservée aux nobles avant de conquérir toutes les couches sociales. Aujourd’hui, ce sont les femmes qui la portent principalement, sans qu’elle soit pour autant interdite aux hommes.
C’est cette culture vivante mais fragilisée que des ressortissants khassonkés résidant à Bamako ont voulu célébrer et défendre le samedi 28 mars 2026, lors d’une soirée culturelle organisée au Palais de la culture Amadou Hampâté Ba.
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L’initiateur de l’événement, Lassana Soumaré, ne cache pas ses motivations: «Nous avons choisi Naré Keïta uniquement pour valoriser notre culture khassonké». Mais au-delà de la célébration, l’enjeu est aussi économique. «Les artistes khassonkés souffrent énormément», reconnaît-il, et cette soirée se veut un acte de soutien concret, une réponse à une forme d’abandon que Soumaré entend contrer en s’inspirant d’un modèle qu’il cite explicitement: la solidarité des Sonrhaïs, «nulle pareille au Mali» selon lui. Ce n’est pas une boutade, c’est un constat qui dit à la fois l’admiration pour une communauté organisée et l’inquiétude pour une culture qui ne l’est pas encore assez.
Parmi les participants, Diabaté Founèmata Sissoko, originaire de Bafoulabé, résume ce que beaucoup ressentent: «Je me reconnais dans cette soirée». Une phrase simple, mais qui dit tout. La diaspora intérieure khassonké de Bamako a besoin de miroirs où se voir, d’espaces où sa langue, sa danse et ses artistes existent encore.
