Mauritanie. Rentrée scolaire: officiels et professionnels ne parlent pas la même langue

Le 11/10/2026 à 13h27

VidéoLes écoliers de Mauritanie ont repris le chemin des classes le lundi 5 octobre. Une reprise qui intervient dans un contexte marqué par une réforme qui a éliminé progressivement l’enseignement privé dans le primaire.

Le gouvernement affirme avoir pris toutes les dispositions matérielles, pédagogiques, et ressources humaines, pour la réussite de la nouvelle année scolaire qui vient de commencer.

Ces assurances ne semblent pas recevoir un écho favorable chez certains professionnels de la craie, qui déplorent une école en crise et la mort programmée de l’enseignement privé.

Houda Baba, ministre de l’Éducation et de la Réforme du système éducatif, soutient que «la reprise de l’année scolaire a été préparée suffisamment en amont. Nous sommes aujourd’hui, dans les meilleures conditions pour réussir grâce à ces préparatifs. Les infrastructures, l’affectation des ressources humaines et les manuels scolaires sont disponibles. Tout est prêt. On va avoir une école républicaine réunissant toutes les qualités de l’enseignement. Concernant les établissements scolaires privés, ils sont tenus de respecter la réglementation et toutes les fautes seront sanctionnées».

A signaler qu’une quinzaine d’écoles privées homologuées sont autorisées à dispenser des cours.

Amadou Sarr, professeur depuis une quarantaine d’années et directeur des études dans une école privée, exprime une vive inquiétude et dénonce la situation «d’un enseignement privé, qui est entrain de payer les pots cassés, avec la certitude de recevoir pour une dernière fois, les classes de 6ème année dans le fondamental».

Abordant la controverse née de l’homologation de quelques établissements autorisés à donner des cours dans le primaire, cet éducateur fustige «la nouvelle image d’une école à deux vitesses accordant des faveurs à certaines couches».

Par Amadou Seck (Nouakchott, correspondance)
Le 11/10/2026 à 13h27