Ramadan au Sénégal. Entre le travail et le jeûne, c’est une histoire de compromis

Mairie de Gueule Tapée-Fass-Colobane

Le 07/03/2026 à 15h28

VidéoLe mois de Ramadan impose son rythme de vie, lequel par ricochet impacte les horaires de travail. Témoignages de fonctionnaires.

À la mairie de Gueule Tapée-Fass-Colobane, les journées s’organisent autrement pendant le mois du jeûne. Les horaires sont réaménagés afin de s’adapter au rythme du Ramadan, comme l’explique Latyr Diagne, agent municipal chargé des projets.

«Pour le travail en ce mois de Ramadan, on peut dire que c’est à la fois dur et, en même temps, pas si difficile. Le temps de travail est réduit, mais nous pointons plus tôt qu’en temps normal: nous commençons à 7 h au lieu de 8 h et nous terminons à 15 h. Nous avons donc tout l’après-midi pour nous. Cela nous permet aussi de mieux organiser notre temps, car nous nous consacrons davantage au travail. Il n’y a pas de pause pour manger ni de pause-café. Rien ne nous empêche de travailler, à part la pause prière de 14 h. Le reste du temps est entièrement consacré au travail

Pour les responsables municipaux, ce changement d’horaires représente également un avantage pour le fonctionnement du service. Baye Moussé Diack, adjoint au maire de la commune, estime que cette organisation améliore même l’efficacité au travail. «C’est finalement beaucoup mieux ainsi. Il n’y a plus de pause à midi pour rentrer chez soi, manger ou prendre du thé. Cela facilite le travail et nous rend plus efficaces. Nous faisons une journée continue jusqu’à 15 h 30 et, si l’on fait le calcul, nous travaillons même davantage. Mais cela reste avantageux pour nous, car nous terminons un peu plus tôt

À première vue, on pourrait croire qu’il s’agit d’un simple aménagement accordé aux travailleurs pour réduire leur charge. Mais la réalité est tout autre. Selon Latyr Diagne, le temps réellement consacré au travail est même plus important durant cette période. «Ici, à la mairie, nous avions l’habitude de commencer à 9 h pour terminer à 16 h. Pendant cet horaire, il y avait plusieurs pauses: petit-déjeuner, déjeuner, prière… Au final, beaucoup de temps était perdu pour le service. Cela me permet de dire que le travail pendant le mois de Ramadan est plus bénéfique pour le service

À Gueule Tapée-Fass-Colobane, le Ramadan ne ralentit donc pas l’administration. Au contraire, entre horaires aménagés et concentration accrue, la mairie semble avoir trouvé un équilibre: travailler différemment… pour parfois travailler mieux.

Par Mamadou Awa Ndiaye (Dakar, correspondance)
Le 07/03/2026 à 15h28