Moustapha Ndiaye, habitué du café Touba, confie: «À l’heure de la rupture, mon premier réflexe est de prendre du café, celui qu’on appelle ici ”café Touba”. C’est un café filtré, parfumé aux arômes et aux épices comme le clou de girofle ou les baies de selim. Après cela, je me sens bien, même si je n’ai pas encore mangé.»
D’autres, comme Bécaye Ndiaye, respectent la tradition de rompre le jeûne avec des dattes, comme recommandé par le Prophète Mohammed, mais ressentent le besoin de cette boisson parfumée, autant pour le plaisir que pour le réconfort: «Chaque fois que j’entends ”Bismillah” et que l’on peut rompre le jeûne, je prends des dattes et du café Touba. C’est délicieux et réconfortant. Ceux qui, comme moi, ont l’habitude de le consommer se plaignent souvent pendant les heures de jeûne, car le manque se fait sentir. Ne pas le prendre peut donc être difficile pour les habitués.»
Pour compenser le manque accumulé durant la journée, Moustapha Ndiaye adopte une consommation excessive. «On peut supporter la faim et la soif, mais pas le manque de café. Pendant le jeûne, certains se plaignent de maux de tête. Moi, après la rupture, je peux prendre une tasse toutes les trente minutes.»
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Bécaye Ndiaye, lui, a trouvé une astuce pour limiter les effets du manque: chaque soir, il prépare sa thermos qu’il remplit de café, prêt à être dégusté dès l’aube, avant la prière de fajr. «Cela me réveille, me met en forme et m’aide à tenir toute la journée», explique-t-il.
Au-delà de la soif et de la faim, pour ces jeûneurs, le café Touba n’est pas seulement une boisson: c’est un rituel, une petite dose de réconfort et d’énergie qui accompagne le corps et l’esprit tout au long du Ramadan.




