Dès le lendemain de la rentrée administrative, une effervescence particulière animait les cours de nombreux établissements secondaires de Libreville. Sur les panneaux d’affichage, entre les listes de classes, un autre type de message attire l’attention: des propositions d’échange d’affectation.
L’objectif pour les familles est double: réduire les coûts de transport, souvent lourds à assumer, et gagner un temps précieux dans des trajets parfois longs et complexes. Cette pratique, bien qu’informelle, est tolérée et même facilitée par certaines administrations pour permettre aux élèves de trouver leur place dans un établissement qui corresponde à leurs contraintes géographiques.
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Pris dans ce mouvement, des parents comme Chancia Djembi arpentent les couloirs, le regard scrutant les listes à la recherche d’une opportunité. Son témoignage illustre la quête pragmatique qui anime la majorité des familles «elle a été orientée ici mais je ne trouve pas son nom. Ma deuxième fille habite plus loin de l’établissement. Je cherche quelqu’un avec qui permuter». Une recherche qui relève souvent du parcours du combattant pour concilier vie scolaire et réalité du quotidien.
Face à cet afflux de demandes, les personnels administratifs et éducatifs jouent un rôle crucial de conseil et d’orientation. Ils sont les premiers interlocuteurs de familles souvent désemparées par les démarches. Florence Nzé, censeur de collège, explique le rôle de son établissement: «Il y a des élèves qui ont été mal orientés. Ils nous reviennent pour solliciter nos conseils sur la démarche à suivre. Puis nous les orientons vers l’administration compétente».
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Le personnel guide ainsi les familles vers les procédures officielles, assurant un pont entre la solution informelle recherchée par les parents et le cadre réglementaire de l’Éducation nationale.
Cette recherche de permutation, autrefois basée sur le bouche-à-oreille, est aujourd’hui grandement facilitée par la digitalisation des données. Gaston Otoghe Nzé, proviseur de lycée, détaille le système qui permet une gestion plus fluide: «L’organisation a fait que nous ayons un fichier compartimenté: il y a des orientations globales que chaque chef d’établissement peut facilement consulter. Ainsi, les parents peuvent facilement se retrouver».
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Cette centralisation et ce partage des informations entre établissements permettent de gagner en efficacité et de sécuriser le processus d’échange, le faisant sortir d’une simple pratique informelle pour l’intégrer dans une logique administrative mieux organisée.
Alors que la rentrée des classes approche à grands pas, cette période de permutation intense révèle les défis logistiques de la rentrée scolaire mais aussi la capacité d’adaptation et de solidarité entre les familles et les institutions pour trouver des solutions au cas par cas.