Tunisie: une influente centrale syndicale met en garde contre «une explosion sociale imminente»

Le secrétaire général de l'Union du travail tunisien (UGTT) Noureddine Taboubi prononce un discours lors d'une grève générale des fonctionnaires après l'échec des négociations avec le gouvernement sur les augmentations de salaire dans la capitale Tunis le 22 novembre 2018.. AFP or licensors
Le 08/09/2023 à 10h56

L’Union générale tunisienne du travail ( UGTT), influente centrale syndicale, a mis en garde contre «une explosion sociale imminente» en Tunisie, vu la détérioration de la situation socio-économique dans le pays.

Dans un communiqué, l’UGTT a déploré la politique économique libérale basée sur la rente, la spéculation, le monopole et un système financier contrôlé par les banques.La centrale syndicale a condamné, également, les «campagnes de diabolisation» qui visent les organisations, associations, partis politiques et certaines personnalités.

Sur un autre plan, l’UGTT a réitéré son rejet de la «levée masquée» des subventions, dénonçant la gestion des autorités face aux pénuries alimentaires et à la hausse des prix.En proie à une profonde crise économique et financière, la Tunisie souffre d’un déficit budgétaire chronique et d’un lourd endettement public ainsi qu’une difficulté d’accès aux marchés financiers, ce qui a conduit à la dégradation de sa notation souveraine par plusieurs agences spécialisées.

En juin dernier, «FitchRatings» a révisé à la baisse la note souveraine de la Tunisie de «CCC+» à «CCC-», expliquant cette décision par l’incertitude quant à la capacité du pays à mobiliser des fonds suffisants pour répondre à son important besoin de financement et la grande pression sur ses réserves en devises.

La Tunisie est parvenue à conclure un accord préliminaire avec le FMI depuis le 15 octobre 2022, en vue d’obtenir un prêt de 1,9 milliard de dollars, remboursable sur une période de 48 mois. La déprogrammation du dossier de la Tunisie de l’ordre du jour de son conseil d’administration réuni en janvier 2023, a relancé les spéculations et les polémiques sur les perspectives de cet accord censé insuffler une bouffé d’oxygène à l’économie du pays.

Pour donner son aval, le FMI s’attend à un engagement ferme des autorités tunisiennes à mettre en œuvre un programme de réformes pour restructurer les entreprises publiques tunisiennes accablées par un lourd endettement et lever les subventions sur certains produits de base.

Par Le360 Afrique (avec MAP)
Le 08/09/2023 à 10h56