Université de Conakry. Les examens à l’épreuve du Ramadan: le double challenge des étudiants

L'université Général Lansana Conté de Conakry.

Le 20/02/2026 à 11h16

VidéoRéveil aux aurores, repas rapidement pris, trajets fastidieux, examens... à l’université Général Lansana Conté de Sonfonia à Conakry, Ramadan commence à peine à dérouler ses longues journées d’études et d’abstinence, mettant à l’épreuve enseignants et étudiants qui sont justement en période d’évaluations. Reportage.

À l’Université Général Lansana Conté de Sonfonia, le début du mois de ramadan se vit dans une atmosphère mêlant spiritualité et responsabilités académiques. Si certains s’attendaient à un allègement des activités, sur le terrain, la réalité reste marquée par la continuité des évaluations.

Pour Alhassane Bangoura, étudiant, les programmes n’ont pas connu de changement notable malgré le contexte. «Depuis la semaine dernière, nous sommes en évaluation et ça continue. Actuellement, nous passons des évaluation dans deux matières, mais cela ne me gène pas car j’ai l’habitude de jeûner les lundis et jeudis».

Cependant, pour certains universitaires comme pour d’autres professionnels, c’est le trajet qu’il faut parcourir avant d’arriver sur le lieu de travail qui est le plus dur rendu encore plus fastidieux par le jeûne. Un déplacement qui prend parfois les allures d’un véritable voyage qui commence très tôt le matin. Alors, certains étudiants, comme Mohamed Condé, peinent à maintenir le rythme.

«Je me réveille à 4h du matin pour le soubouli, le repas d’avant le lever du soleil, et je me recouche tout de suite après. J’habite à Cohay et c’est loin de l’université. Je me réveille une seconde fois à 7h pour me préparer pour l’école. Des fois, je trouve difficilement un taxi. Pour l’instant (nous sommes au 2e jour du ramadan, ndlr) c’est encore gérable. On ne pourra parler de fatigue qu’à partir du 10e jour».

Pour plusieurs étudiants, le ramadan est avant tout un moment de discipline spirituelle qui ne doit pas freiner la quête du savoir. «Le ramadan est important nous. C’est un des piliers de l’Islam. Plusieurs versets du Coran évoquent l’obligation faite aux musulmans d’observer le jeûne. Alors, nous continuons à travailler, à apprendre», confie Mohamed Condé.

En ce début de mois saint, les étudiants tentent donc de concilier foi et formation, dans l’attente d’éventuels ajustements académiques si la fatigue venait à s’installer dans les semaines à venir.

Par Mamadou Mouctar Souaré (Conakry, correspondance)
Le 20/02/2026 à 11h16