CAN 2025. Conakry: les analyses, cet autre match d’avant la finale Maroc–Sénégal

Le 17/01/2026 à 14h23

VidéoÀ quelques heures de la finale de la CAN entre le Maroc, porté par son public, et le Sénégal, diminué mais toujours redoutable, les discussions s’enflamment aussi à Conakry. Journalistes sportifs, entraîneurs et passionnés de football livrent leurs analyses d’un choc qui promet intensité, tactiques et émotions.

À Conakry, dans les rédactions sportives, les terrains de quartiers ou les cafés où trônent des téléviseurs déjà réglés sur la chaîne de la finale, une seule affiche monopolise les conversations: Maroc–Sénégal. Une finale qui, pour beaucoup d’observateurs guinéens, oppose tout simplement ce qui se fait de mieux sur le continent actuellement.

Pour Abdoul Barry, journaliste sportif, le constat est sans appel. «Ce sont les deux meilleures nations africaines du moment», affirme-t-il, avant de souligner l’avantage non négligeable du Maroc. «Jouer à domicile, avec un public acquis à sa cause, c’est un atout majeur. Ce douzième homme peut clairement faire basculer une finale».

Au-delà de l’ambiance, le professionnel des médias insiste sur l’identité de jeu imprimée par le sélectionneur marocain: une équipe disciplinée, capable de souffrir sans rompre, puis de frapper au bon moment. «On sent une équipe mûre, solide, qui sait gérer les temps faibles, un peu à l’image de la France de 1998», analyse-t-il.

Dans un autre quartier de la capitale, Mamadou Dian Diallo, entraîneur, tempère l’enthousiasme. Pour lui, la finale reste un match à part, imprévisible par essence. «Le Maroc a l’avantage de la continuité, mais le Sénégal arrive avec des absences importantes, notamment la sortie de son capitaine en demi-finale et quelques sanctions disciplinaires. Cela peut peser», explique-t-il. Mais le technicien refuse de vendre la peau des Lions de la Teranga. «Une finale ne se joue jamais à l’avance. Tout va se jouer dans l’état d’esprit, la capacité à gérer la pression et les moments clés».

Sur le plan individuel, les débats à Conakry penchent toutefois légèrement en faveur des Lions de l’Atlas. Abdoul Barry évoque une génération talentueuse, portée par des joueurs en pleine confiance. «Hakimi revient en forme au meilleur moment, Saïbari est l’une des révélations du tournoi, et devant, le duo Brahim Díaz – El Khabi fait énormément de dégâts. Ce sont des joueurs capables de faire basculer un match sur une seule action».

À quelques heures du coup d’envoi, une chose fait l’unanimité à Conakry: cette finale promet un choc de styles, de caractères et d’ambitions. Entre un Maroc porté par son public et ses certitudes, et un Sénégal blessé mais orgueilleux, l’Afrique du football retient son souffle. Et en Guinée, comme partout sur le continent, les regards seront rivés sur cette finale qui s’annonce déjà historique.

Par Mamadou Mouctar Souaré (Conakry, correspondance)
Le 17/01/2026 à 14h23