Au cœur de la polémique se trouvait la marque «Gaboma», présentée comme 100% gabonaise et soumise en urgence pour remplacer l’équipementier historique Puma. Si l’intention de promouvoir le «made in Gabon» était louable, son exécution a été entachée d’improvisation.
Comme l’explique Pharel Boukika, fondateur de Dépêche 241. «En optant pour l’équipement Gaboma, je pense que les autorités et ceux qui sont à l’origine de cette situation voulaient promouvoir le made in Gabon, ce qui n’est pas une mauvaise chose. Mais la CAF a fait savoir que le nouveau contrat ne porte pas la signature de la Fegafoot, première anomalie. En plus de cela, la CAF ne reconnaît pas Gaboma comme faisant partie du réseau des équipements agréés et la qualité du tissu ne répondait pas aux normes.»
Cette mise en demeure, cependant, n’était pas une condamnation mais un ultimatum pour régulariser la situation.
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Face à cette alerte, la Fegafoot a dû réagir vite. Une clarification relayée par les observateurs locaux, Snella Ange Pambo, spécialiste du football gabonais qui souligne une erreur administrative fondamentale. «Au niveau de l’Office national de développement des sports et de la culture (ONDSC), il y a eu une mauvaise appréciation des textes qui régissent le fonctionnement de la CAF au sujet de l’entité qui doit signer le contrat entre un équipementier et une équipe nationale. L’entité reconnue ici, c’est la Fédération gabonaise de football. Donc au moment où nous sommes en train de nous entretenir, il n’y a plus d’affaires ”Gabomagate”... Elle a été une véritable tempête dans un verre d’eau», s’est il réjouit.
Pour éteindre l’incendie, la Fegafoot a lancé une consultation restreinte et urgente. Plusieurs marques internationales, ont été contactées. Mais c’est finalement l’entreprise marocaine AB Sport qui a été choisie comme nouvel équipementier officiel.
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Dans un communiqué, la Fegafoot a justifié ce choix par l’impératif des délais. «À moins de trois semaines du début de la compétition, et compte tenu de la date limite d’enregistrement des équipements auprès de la Confédération africaine de football, le délai de livraison a été un critère déterminant pour trancher.»
Spécialiste des articles pour clubs et sélections, AB Sport a su démontrer sa capacité à livrer dans les temps et à respecter les strictes normes techniques de la CAF et de la FIFA.
Si «l’affaire Gaboma» s’est finalement résolue en un épisode nerveux mais court, elle laisse derrière elle des enseignements cruciaux pour l’avenir.
Cet épisode rappelle que la Fédération est seule habilitée à contracter pour l’équipe nationale. Toute ingérence expose la sélection à des sanctions.
L’avenir d’une marque gabonaise dans le sport de haut niveau passe par une anticipation, un respect scrupuleux des règlements et une maîtrise technique irréprochable.
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Cette crise est née d’une gestion dans l’urgence. Pour les prochains cycles, une planification rigoureuse des partenariats, bien en amont des compétitions majeures, est indispensable pour éviter de devoir choisir un équipementier sous la pression du temps.
Le Gabon pourra donc bien défendre ses couleurs à la CAN 2025 au Maroc, vêtu par AB Sport. Reste à espérer que le pays retiendra les leçons pour bâtir une gestion du football plus solide, transparente et tournée vers l’avenir.







