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Interdiction des importations: le syndrome vénézuélien s'abat sur l'Algérie

Mise à jour le 22/03/2017 à 20h40 Publié le 22/03/2017 à 20h36 Par Mar Bassine

#Economie
Interdiction des importations: le syndrome vénézuélien s'abat sur l'Algérie

Les nouvelles procédures d'importation mises en place sont tellement compliquées que dans quelques jours les rayons des supermarchés risquent de se vider. L'Algérie importe la plupart des produits qu'elle consomme.

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#Algérie : Depuis ce matin du mercredi 22 mars, les importations sont interdites par les autorités algériennes. Les banques ne peuvent plus accompagner leurs clients pour acheter des produits finis. Visiblement, on est à deux doigts de voir s'abattre sur l'Algérie les mêmes maux qui ont touché le Venezuela.


Kiosque le360afrique. Depuis plusieurs mois, les analystes craignaient que le syndrome vénézuélien frappe l'Algérie. Tel un couperet l'information est tombée, ce mercredi 22 mars, concernant l'interdiction formelle de toute importation de produits finis. Cette fois, c'est confirmé avec l'interdiction de toute forme d'importation de produits. Afin de déguiser cette situation catastrophique, le ministère du Commerce a préféré introduire de nouvelles procédures d'importation menant vers une licence d'importation. En attendant, les banques ont informé l'ensemble de leurs clients qu'aucune domiciliation d'une opération d'imporation ne se fera avant l'obtention de ce fameux document.

En effet, les entreprises ont été mises au courant par une note émanant de leurs banques respectives les informant que "toute nouvelle domiciliation portant sur importation de «produits destinés à la revente en l’état destiné à la consommation finale» est suspendue", rapporte la presse électronique algérienne. Et pour l'heure, ni les banques ni les opérateurs économiques n'ont de la visibilité par rapport à une éventuelle reprise des importations.


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Tout est parti de la décision du ministère algérien du commerce d'introduire de nouvelles formalités d'importations des produits finis. Selon un communiqué également diffusé ce mercredi et relayé par les sites algériens, "tout opérateur économique, remplissant les conditions exigées par la législation et la réglementation en vigueur, peut introduire une demande de licence d’importation du produit ciblé". Sauf que ce ne sont pas moins d'une dizaine de documents, tous aussi compliqués à obtenir les uns que les autres, qui sont nécessaires avant d'obtenir le fameux sésame. Cela va d'un extrait du regsitre de commerce aux justificatifs des capacités financières, en passant par l'expérience dans l'importation du produit objet de la demande, la carte d'identification fiscale, les trois dernières liasses fiscales, une facture proforma, une question d'identification de l'importateur et un chapelet d'autres documents.

Pour comprendre tout ce micmac, il est important de revenir à l'état des finances algériennes. Le pays a fortement entamé ses réserves de changes qui ne permettent plus au pays de vivre sans se soucier du lendemain. Pas plus tard qu'il y a une quizaine de jours, Abdelmalek Sellal, le Premier ministre algérien a été obligé de reconnaître qu'à partir de juillet, les réserves de changes auront fondu de moitié, passant sous la barre symbolique des 100 milliards de dollars. Autre indicateur, la balance des paiements affiche un déficit abyssal de 17 milliards de dollars en 2016, contre plus de 13 milliards en 2015. Donc rien ne s'arrange.


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Cette décision est donc une simple fuite en avant. Mais dans un pays où l'industrie est si peu développé, un pays qui a tout misé sur ses recettes pétrolières pour se payer une vie de pacha, si on arrête les importations de quoi vivra le peuple?  Avec, l'insouciance dont les dirigeants algériens ont toujours fait preuve, il ne faut pas s'étonner qu'un jour proche on les entendrait dire, quand ce peuple réclamera du pain : "donnez lui des brioches". 
Le 22/03/2017 Par Mar Bassine