Alors que nous sommes fin septembre et que l'an de grâce 2017 se termine dans trois mois, le gouvernement algérien fait un aveu qui en dit long sur le niveau de difficultés auquel il est confronté. Le Premier ministre avait reconnu tantôt que même les salaires de novembre ne seraient pas payés, mais désormais, il évoque des chiffres précis.
Dans le préambule de son projet de loi sur "la planche à billets", appelée pudiquement "recours aux méthodes non conventionnelles de financement du Trésor", il reconnaît que les besoins de 2017 demeurent supérieurs à 500 milliards de dinars, soit quelque 4,45 milliards de dollars, selon la publication en ligne Tout sur l'Algérie.
Par extrapolation de ce chiffre sur une période de 12 mois, il est possible de dire que le besoin réel de l'Etat algérien est de l'ordre de 15 à 20 milliards de dollars au niveau actuel des cours du pétrole. D'ailleurs, il suffit de voir à quel rythme le Fonds de régulation des recettes (FRR) s'est épuisé ces dernières années pour s'en convaincre. On est passé de près de 7.917 milliards de dinars en 2012, soit 72 milliards de dollars, à l'épuisement total, dès le premier trimestre 2017. C'est dire que chaque année, le déficit du Trésor public algérien a atteint 15 milliards de dollars, avec une accélération durant les deux dernières années. Puisque les 2.075 milliards de dinars, soit 18,46 milliards de dollars, de début 2016 ont été puisés dès les premières semaines de 2017.
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Le gouvernement algérien a choisi la solution de la facilité pour résoudre la crise la plus sévère à laquelle l'a mené la mauvaise gestion de la manne pétrolière. Il sera malheureusement rattrapé par une crise encore plus sévère liée à l'inflation qui se profile à l'horizon et par la crise sociale qui l'accompagnera. Une catastrophe, similaire à celle qui a ruiné le Venezuela, n'est pas bien loin.