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Algérie: Abdelghani Zaâlane dément la dégradation de l'état de santé de Bouteflika, sans convaincre

Mise à jour le 07/03/2019 à 12h37 Publié le 07/03/2019 à 12h36 Par Karim Zeidane

#Politique
Bouteflika
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#Algérie : Abdelghani Zaâlane, directeur de campagne de Bouteflika, dément la dégradation de l'état de santé de ce dernier. Une sortie qui intervient après la publication en Suisse d'articles relatant une «menace vitale permanente» du président. Du coup, les avocats algériens aussi montent au créneau.

Selon le directeur de campagne de Bouteflika, Abdelghani Zaâlane, le président est à Genève pour «des examens médicaux routiniers» qui vont se terminer incessamment. «J'informe tous les citoyens que son état de santé n'a rien d'inquiétant et toutes les rumeurs qui circulent sont sans fondement», a-t-il déclaré dans un entretien accordé au quotidien El Khabar.

Abdelghani Zaâlane, nouveau directeur de campagne d’Abdelaziz Bouteflika et non moins gendre de l’homme fort de l’armée algérienne, le général Mohamed Gaïd Salah, vice-ministre de la Défense et chef d’état-major de l’armée algérienne, ne convainc personne en Algérie. Malgré tout, dans cet entretien, il a osé souligner que «personne ne peut mesurer l’accueil fait par les Algériens au contenu de la lettre (de Bouteflika)»!


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Cette sortie intervient après les publications par les médias suisses d'articles faisant état de la dégradation de l’état de santé du président Bouteflika.

Les informations de Zaâlane sont en tout cas en contradiction flagrante avec les faits. Le président Bouteflika est absent de l’Algérie depuis une douzaine de jours. Si son état de santé n’est pas inquiétant, pourquoi alors n’est-il pas revenu déposer lui-même son dossier de candidature comme l’exige la constitution algérienne? En outre, comment un chef d’Etat, en bonne santé, peut-il laisser son pays en ébullition et lui préférer la fraîcheur de Genève?

La réalité est autre. Le président serait souffrant. Son état de santé s’est fortement détérioré au cours de ces derniers jours. Une situation confirmée par la presse de Genève, plus proche actuellement du patient. Selon la Tribune de Genève (TDG), le président Abdelaziz Bouteflika se remet difficilement de son AVC de 2013 et se trouve sous une «menace vitale permanente». Pire, se basant sur des avis des médecins, il ajoute que «sa situation s’est dégradée de manière perceptible. D’un état de fragilité, mais permettant une vie à peu près normale, il s’est transformé en patient dont l’état est très précaire et nécessite des soins constants».


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Bien informés, les journalistes de TDG ajoutent qu’«il présente de hauts risques de faire des fausses routes, c’est-à-dire que des aliments peuvent être dirigés vers ses voies respiratoires, ce qui peut entraîner une infection pulmonaire grave. En langage médical, on parle de ”broncho-aspiration”».

Dans ces conditions, de plus en plus d’Algériens souhaitent la vérité sur le certificat médical déposé par le président avec son dossier de candidature. Après la mise en garde du Conseil de l’Ordre des médecins algériens, c’est au tour des avocats algériens d’apostropher la Counseil constitutionnel algérienne en exigeant de voir le certificat médical du président Bouteflika.

Le Conseil de l’Ordre des médecins algériens est sorti de sa réserve en mettant en garde les institutions chargées d’examiner la validité des certificats médicaux délivrés aux candidats à la présidence. Il a rappelé à la Conseil constitutionnel l’obligation à ce que les auteurs desdits certificats soient inscrits au tableau de l’ordre des médecins algériens.


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Ce jeudi, ce sont les avocats montent au créneau. Un millier d’avocats du barreau d’Alger manifestent ce jeudi 7 mars devant le siège de la Conseil constitutionnel scandant «Non au 5e mandat». Ils exigent l’invalidation de la candidature du président Bouteflika. «Nous demandons au Conseil constitutionnel d’assumer ses responsabilités», a souligné Me Ahmed Dahim, membre du Conseil de l’ordre des avocats d’Alger. Pour eux, le dossier de candidature doit comporter un certificat médical, que l’état de santé de Bouteflika ne lui permettait même pas de délivrer.

Abdelaziz Bouteflika, âgé de 82 ans, affaibli par les séquelles d’un AVC depuis 2013, gouverne depuis des années par délégation et procuration.
 
Le 07/03/2019 Par Karim Zeidane