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Algérie. 5e mandat: une marée humaine à Alger, Bouteflika refuse de céder

Mise à jour le 09/03/2019 à 21h30 Publié le 08/03/2019 à 19h01 Par Le360 Afrique - Afp

#Politique
Manifestations en Algérie
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#Algérie : Une marée humaine défile vendredi dans le centre d'Alger pour un 3e vendredi consécutif contre un cinquième mandat d'Abdelaziz Bouteflika, une foule peu impressionnée par les mises en garde sur les risques de "chaos" lancées par le chef de l'Etat qui refuse de céder.

La mobilisation est très largement supérieure à celle des manifestations des deux derniers vendredi à Alger, pourtant déjà impressionnantes, a constaté l'AFP. Mais elle est difficile à chiffrer, les autorités ne donnant aucune évaluation du nombre de protestataires tandis que certains sur les réseaux sociaux évoquent "peut-être des millions" mais sans source vérifiée.

A Oran et Constantine, respectivement deuxième et troisième villes du pays, la mobilisation est également très supérieure à celle des deux vendredi précédents, ont rapporté à l'AFP des journalistes de médias algériens sur place.

Des manifestations de grande ampleur ont été également été signalées dans de nombreuses villes à travers le pays, rapportent des sources sécuritaires, des médias algériens et les réseaux sociaux.


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Les places et principales rues du centre d'Alger sont noires de monde et le cortège peine à avancer en raison de la foule.
Les rassemblements coïncident avec la célébration du 8 mars, Journée internationale des Femmes, et un grand nombre d'entre elles figurent parmi les manifestants de tous âges qui défilent dans le calme, aux cris de "Pouvoir, assassin", ou "Pas de 5e mandat, eh Bouteflika!".

"Ils ont les millions, nous sommes des millions", proclame une pancarte brandie par une femme dans le cortège.

La police a fait usage de gaz lacrymogènes et de grenades assourdissantes pour disperser des manifestants qui tentaient de forcer un cordon de police bloquant l'accès à une artère remontant vers la présidence de la République, selon un journaliste de l'AFP.


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Aucun autre incident notable n'a toutefois été signalé et la manifestation se déroule dans une ambiance festive, en présence de nombreuses familles avec enfants.

"Du jamais vu"

Une foule impressionnante était toujours présente, dans une ambiance de kermesse géante, vers 16H30 GMT dans le centre d'Alger, où les policiers, initialement présents en nombre étaient totalement invisibles.

Les précédents cortèges ont été pacifiques, un des mots d'ordre de la contestation déclenchée le 22 février, à l'exception de quelques heurts localisés à Alger entre petits groupes de casseurs et policiers en fin de manifestation.


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A Oran, toute la ville "est sortie, c'est du jamais vu", a rapporté un journaliste, faisant état d'une mobilisation beaucoup plus importante que les deux précédents vendredis. Enormément de femmes sont présentes, pratiquement la moitié des manifestants, a-t-il ajouté.

A Constantine, aussi, "il y a une très grosse mobilisation" et "beaucoup plus de monde" que les 22 février et 1er mars, selon un journaliste sur place. Les gens, dont de nombreuses femmes, défilent dans une ambiance bon enfant.

Un journaliste local a également parlé à l'AFP d'une foule "impressionnante" à Annaba, quatrième ville du pays.
La mobilisation était également qualifiée d'"impressionnante" à Béjaïa, dans la région de Kabylie (nord).

Des sources sécuritaires ont signalé des marches "massives" à Tizi-Ouzou, autre ville de Kabylie, Tiaret et Mascara (nord-ouest). D'autres manifestations ont été également enregistrées à Ghardaïa (centre), M'sila (nord), Sidi bel Abbes et Tlemcen (nord-ouest), selon ces sources.

"Soyez beaux"

Aucun incident n'a été signalé en province. En plus des appels à la mobilisation, sous le hashtag "#Mouvement du 8 Mars", ont également circulé sur les réseaux sociaux les "18 commandements des marcheurs du 8 mars".


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Parmi ces commandements écrits par le poète et écrivain Lazhari Labter: "Pacifiquement et tranquillement je marcherai", "A aucune provocation je ne répondrai", "Pas une pierre je ne jetterai, "Après la marche (...) je nettoierai".
Les Algériens ont fait peu de cas du message que leur a adressé jeudi M. Bouteflika, 82 ans, hospitalisé en Suisse depuis plus de dix jours et dont le retour au pays n'a toujours pas été annoncé.

Vendredi, l'homme d'affaires controversé Rachid Nekkaz, qui voulait se présenter à l'élection présidentielle, a été arrêté par la police en tentant de pénétrer dans l'hôpital genevois où est soigné Bouteflika.

Le chef de l'Etat, présenté par ses partisans comme le garant de la paix dans le pays, a mis en garde dans son message, sans les nommer, contre les ennemis "insidieux" et ceux "qui conspirent" contre l'Algérie et veulent semer "le chaos".
En creux, le chef de l'Etat, très diminué par les séquelles d'un AVC dont il a été victime en 2013, réaffirme qu'il n'entend pas renoncer à briguer un 5e mandat lors de la présidentielle du 18 avril.


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La rue algérienne montre vendredi qu'elle n'est pas prête à céder non plus, malgré les références du chef de l'Etat - présenté par ses partisans comme le garant de la paix - à la "tragédie nationale" de la décennie de guerre civile (1992-2002) qui a traumatisé de nombreux Algériens.

"Ce vendredi 8 mars 2019 doit être un jour de fête, mettez vos plus beaux habits, soyez beaux pour l'Algérie, qu'elle soit fière de ses enfants" demandait une internaute, Samira Kada, sur son compte Facebook.

Le 08/03/2019 Par Le360 Afrique - Afp