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Algérie: un héros de la guerre d'indépendance arrêté après avoir critiqué Gaïd Salah

Mise à jour le 01/07/2019 à 09h14 Publié le 01/07/2019 à 09h10 Par Le360 Afrique - Afp

#Politique
Algérie: un héros de la guerre d'indépendance arrêté avec 16 manifestants
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#Algérie : Lakhdar Bouregaâ, célèbre moujahid et ancien commandant de l'Armée de Libération Nationale, a été placé sous mandat de dépôt dimanche par un juge d’instruction du tribunal de Bir Mourad Rais, à Alger, pour notamment "outrage à corps constitués", a annoncé la télévision nationale.


Le gouvernement algérien vient de franhcir un pas de plus dans sa dérive répressive. Lakhdar Bouregâa, héros et icône de la guerre d'indépendance contre la France vient de rejoindre la longue liste des personnalités détenues, pour délit d'opinion. 

Le vétéran de 86 ans est poursuivi pour « outrage à corps constitué et atteinte au moral de l’armée», a précisé la même source. Il encourt jusqu’à 10 ans d’emprisonnement, selon le code pénal.

Ancien commandant de l’Armée de libération nationale lors de la guerre contre la France, Lakhdar Bouregaâ a été arrêté samedi à son domicile à Hydra, un quartier huppé sur les hauteurs d’Alger, selon son petit-fils, Imad Bouregaâ.

Cet opposant, qui est de toutes les manifestations populaires depuis la chute le 2 avril du président Abdelaziz Bouteflika, a été emmené « dans une caserne des services de renseignements », dans le quartier voisin de Ben Aknoun, a précisé Imad Bouregaâ dans un entretien avec le site d’informations DZVID.


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L’arrestation de Bouregaâ, qui a tenu des propos critiques à l’égard du pouvoir actuel, a suscité l’indignation dans le pays, notamment sur les réseaux sociaux. Le Front des forces socialistes (FFS), le plus ancien parti d’opposition d’Algérie, dont Lakhdar Bouregaâ est l’un des membres fondateurs, a exprimé sa « colère » et sa « consternation ».

Des manifestants en détention préventive


L’arrestation de Bouregaâ « constitue un grave dérapage », ont déclaré une dizaine d’universitaires dans le texte d’une pétition pour sa libération, postée sur Facebook par Fodil Boumala, militant des droits humains.

Pour Imad Bouregaâ, son grand-père a été interpellé en raison de « ses déclarations contre le général Ahmed Gaïd Salah », devenu de facto l’homme fort du pays depuis que le mouvement de contestation a poussé Bouteflika à la démission.

Le vétéran aurait accusé le général de vouloir imposer «son» candidat lors d’un éventuel futur scrutin présidentiel, selon Imad Bouregaâ.

Le général Gaïd Salah est critiqué pour son rejet des revendications de la contestation qui réclame notamment la mise en place d’institutions ad hoc, chargées d’introduire des réformes, d’élaborer un nouvelle Constitution puis d’organiser une élection présidentielle.


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Le général Ahmed Gaïd Salah a fait savoir mi-juin qu’aucun autre drapeau que l’emblème national ne serait désormais toléré dans les défilés, où les emblèmes berbères étaient très présents depuis le début des manifestations.

Quatorze manifestants arrêtés vendredi à Alger ont comparu dimanche devant la justice pour « port du drapeau berbère », a indiqué un des avocats présents lors de l’audience, Maître Djamel Benyoub. La télévision nationale a fait état de 16 personnes ayant comparu dimanche. Le juge d’instruction a ordonné leur placement de détention préventive, a ajouté l’avocat, précisant qu’ils ont été accusés d' »atteinte à l’unité nationale ».

Parmi ces personnes figure une élue de l’Assemblée départementale de Tizi Ouzou appartenant au Rassemblement pour la culture et la démocratie (RCD), selon Maître Benyoub.

Le 21 juin, 18 manifestants arrêtés à Alger en possession de drapeaux berbères ont aussi été inculpés d' »atteinte à l’unité nationale », infraction passible de 10 ans d’emprisonnement, et placés en détention provisoire.


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Plusieurs autres, dont deux étudiants arrêtés mardi à Alger à l’occasion des manifestations hebdomadaires étudiantes, ont été inculpés des mêmes chefs et placés sous contrôle judiciaire.

Le général Gaïd Salah a réitéré mercredi n’avoir aucune ambition politique tout en réaffirmant implicitement que l’armée resterait aux commandes tant qu’un nouveau président ne serait pas élu.
Le 01/07/2019 Par Le360 Afrique - Afp