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Algérie: Présidentielle du 12 décembre: «une parodie d’élection», selon Le Monde

Mise à jour le 29/11/2019 à 23h38 Publié le 29/11/2019 à 23h20 Par Karim Zeidane

#Politique
présidentielle algérienne
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#Algérie : Dans son éditorial de ce vendredi 29 novembre, consacré à l'Algérie, le journal français a qualifié le prochain scrutin de «parodie d’élection». Intitulé "Algérie: sortir du silence", l’éditorial met l’accent sur le fait que les 5 prétendants à la magistrature "sont tous d’ex-dignitaires du régime".

A mesure que la date fatidique du 12 décembre s’approche, le régime algérien durcit la répression à l’encontre des manifestants pacifiques qui dénoncent la confiscation du pouvoir par la hiérarchie militaire et ses tentatives d’intimidations.

L’éditorial souligne à ce titre que «depuis plus de neuf mois, l’Algérie vit, dans un silence extérieur assourdissant, un mouvement de contestation populaire, le Hirak, dont l’ampleur et la nature font pourtant un phénomène sans précédent au Maghreb et dans le monde arabe».

Le journal revient ainsi sur cette mobilisation constante, géographiquement étendu et surtout pacifique, malgré l’absence de leaders de ce mouvement de contestation auquel s’associe toute la société algérienne.


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Revenant sur l’origine de la contestation liée à la volonté de l’ancien président Abdelaziz Bouteflika de se présenter à un cinquième mandat, le mouvement de contestation a réussi son pari de faire partir l’ancien inamovible président.

Toutefois, «le 8 août, le chef d’état-major de l’armée, le général Ahmed Gaïd Salah, a décrété que les revendications «fondamentales» du mouvement étaient satisfaites. S’imposant lui-même comme le nouvel homme fort, ce général de près de 80 ans, qui tenait déjà les rênes sous Bouteflika, procède depuis à une reprise en main méthodique du pouvoir; il a fait arrêter ses rivaux au sein du système et lancé une vaste campagne d’intimidation des contestataires», souligne l’éditorial.


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Mieux, refusant toute transition démocratique, Gaïd Salah a décidé d’organiser une élection présidentielle le 12 décembre prochain. Plusieurs candidats ont voulu postuler. Toutefois, au final, seuls 5 ont obtenu la possibilité de participer à cette présidentielle.

Seulement, pour Le Monde, «le scrutin présidentiel du 12 décembre… s’annonce comme une parodie d’élection». Et pour cause, «les cinq candidats, parmi lesquels deux anciens Premiers ministres de Bouteflika, sont tous d’ex-dignitaires du régime. Les manifestants du Hirak les rejettent tous les cinq».

En conséquence, souligne le journal français, le président qui sera élu le 12 décembre prochain «ne détiendra pas la réalité du pouvoir», expliquant que personne ne peut à ce stade entrevoir la réponse des manifestants, du fait des divergences énormes entre le peuple et les militaires qui ont confisqué la victoire du peuple algérien.


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Pour finir, l’éditorial revient sur le silence des puissances occidentales, notamment européennes. Si Paris, pour des raisons historiques, préfère garder le silence et faire profil bas, les députés européens ont fini par adopter «une résolution sans valeur contraignante», condamnant les arrestations arbitraires, la censure, le climat de répression... Partant, conclut l’éditorial, «au-delà des eurodéputés, c’est l’Union européenne qui doit ouvrir les yeux et parler de l’Algérie». Ce qui est loin d’être un acquis quand on voit la virulente réaction des généraux algériens à la résolution du parlement européen. 
Le 29/11/2019 Par Karim Zeidane