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Cameroun-téléphonie mobile: la qualité, pas toujours au rendez-vous

Mise à jour le 14/04/2019 à 11h30 Publié le 14/04/2019 à 11h28 Par Tricia Bell

#Economie
téléphonie
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#Autres pays : Face à la dégradation des services censés être fournis par les opérateurs locaux, le gouvernement, les instances de régulation et plusieurs associations de défense des droits des consommateurs ont choisi de prendre le taureau par les cornes. Explications.


Des réseaux téléphoniques des opérateurs de mauvaise qualité, un service-client pas à la hauteur, des consommateurs désabusés face aux opérateurs en quête de rentabilité, des services déclarés de 4G qui laissent à désirer...

Et malgré tout, des crédits de consommation débités aux abonnés.

Les griefs contre les opérateurs de téléphonie mobile au Cameroun sont nombreux. 

Des «abus» maintes fois dénoncés par des associations locales de défense des droits des consommateurs et par plusieurs hommes d'affaires, dont ces manquements impactent sur l'activité.

Ainsi, fin 2018 par exemple, la Fondation camerounaise des consommateurs (FOCACO) a déposé une plainte auprès de l’Agence de régulation des télécommunications (ART) contre l'opérateur Orange, filiale du groupe français éponyme, pour «disparition de crédit et prospection directe».


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C'est dans ce contexte peu reluisant en termes de qualité des services de télécommunications mobile que s'est notamment -et récemment-tenu à Douala, la métropole économique, le séminaire du réseau francophone de la régulation des télécommunications (FRATEL) sur le thème: «Méthodologies et outils pour la mesure de la couverture et de la qualité de service mobile».

Concession


Plus de 140 participants représentant 20 autorités de régulation, membres du réseau francophone de la régulation des télécommunications, des institutions internationales, etc., y ont pris part.

Entre autres résolutions, le séminaire a permis de lancer le chantier phare de l’année 2019: la rédaction d’un document commun sur les enjeux de couverture et de qualité de service mobile, dans le but de sa publication d’ici à la fin de l’année en cours. 

Car pour tous, pour faire de l’économie numérique un pilier de développement comme dans certains pays africains à l'instar du Rwanda, la qualité du service mobile est un préalable, qu’il s’agisse de la production de l’offre des contenus numériques, du développement d’une industrie locale du numérique de la recherche et l’innovation, ou alors de l’amélioration de la gouvernance.


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«La problématique de la qualité de service se pose dans toutes des sociétés et dans les économies en voie de digitalisation. Le Cameroun n’en fait pas exception dans la mesure où les consommateurs des services de communications électroniques semblent de plus en plus convaincus que la qualité de service se dégrade progressivement, notamment la qualité d’expérience de l’utilisateur final», indique ainsi, en toute lucidité, la ministre des Postes et Télécommunications, Minette Libom Li Likeng.

Pour améliorer cette situation, le gouvernement camerounais a ainsi entamé certaines actions comme la réalisation d’un audit de la qualité de service des réseaux de communications électroniques des quatre opérateurs concessionnaires présents sur le marché des communications électroniques au Cameroun.

Egalement au programme, la réouverture des négociations des conventions de concession des opérateurs MTN Cameroon et Orange Cameroun, lesquelles ont abouti à la signature d'"avenants", c'est à dire d'une clause additionnelle au contrat préalablement conclu, et à la mise en place d’un cadre de concertation permanente public-privé dans le domaine des télécommunications.

Aussi, les obligations de qualité de service et d’expérience, ainsi que les indicateurs de couverture du réseau 4G, ont-ils été, par exemple, intégrés dans les nouveaux cahiers des charges de ces opérateurs.

De même, l’échéancier des obligations de couverture a été précisé, pour pouvoir desservir, d’ici à la fin de leur concession, les chefs-lieux de régions, les zones universitaires, les zones à activités économiques significatives tels que les ports, les chefs-lieux de département, d’arrondissement et les localités d’au moins 10.000 habitants. Communiquer n'est plus un luxe aujourd'hui, c'est une nécessité et même un droit. 

Le 14/04/2019 Par Tricia Bell