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Cameroun. Présidentielle: des candidats s’insurgent contre leur traitement médiatique à la TV publique

Mise à jour le 24/09/2018 à 10h42 Publié le 24/09/2018 à 09h32 Par De notre correspondant au Cameroun Tricia Bell

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#Autres pays : A travers leurs porte-parole respectifs, cinq des huit challengers du président Paul Biya s’estiment lésés par la Cameroon Radio television (CRTV) qui, de leur point de vue, accorde trop de place au candidat du parti au pouvoir, le Rassemblement démocratique du peuple camerounais (RDPC).

Dans un communiqué conjoint signé de leurs porte-parole, Maurice Kamto (MRC), Cabral Libii (Univers), Joshua Osih (SDF), Serge Espoir Matomba (PURS) et Akere Muna en lice pour l’élection présidentielle du 7 octobre prochain, protestent contre «l'iniquité provocatrice du traitement réservé aux candidats à l'élection sus-évoquée autres que celui du RDPC (Rassemblement démocratique du peuple camerounais, au pouvoir, NDLR)» à la Cameroon Radio Television (CRTV), l’office national de radiodiffusion. Pour eux, le candidat du RDPC, le président Paul Biya, y bénéficie de trop de visibilité.

«Nous nous indignons du traitement biaisé et volontairement déséquilibré des informations se rapportant à l'activité de terrain des candidats que nous représentons et à leur actualité événementielle. Les tranches d'information de la CRTV radio, télé et web en sont une des plus visibles manifestations, avec en pic les journaux durant lesquels une véritable campagne de propagande pro-candidat du RDPC est ostentoirement mise à exécution, avec pour conséquence directe l'écrasement des actions pourtant foisonnantes de nos candidats sur le terrain», indiquent les cinq candidats.  


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Pourtant, la CRTV est un média de service public. «Partout présent sur les antennes de la CRTV, le candidat du RDPC est partout absent du terrain de la mobilisation et de la rencontre avec les électeurs, à la différence de nos candidats qui, eux, arpentent inlassablement le terrain. La CRTV réussit donc l'exploit de faire passer les candidats actifs et présents sur le terrain, que sont nos candidats, pour des candidats inactifs et absents de ses antennes, et donne ainsi à voir l'illusion d'un candidat RDPC omniprésent et ultra actif», s’insurgent Akere Muna et compagnie.


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En guise d’illustration de leurs propos, les chargés de communication des challengers de Paul Biya brandissent la répartition des équipes de reportage allouées par la CRTV pour suivre les différents candidats sur le terrain lors de l’ouverture officielle de la campagne électorale le 22 septembre prochain. «Il ressort à la lecture de cette note de service que sur treize équipes mixtes de couverture constituées par le DG CRTV pour les neuf candidats à l'élection présidentielle du 7 octobre prochain, cinq ont été dédiées au seul candidat Paul Biya et à son équipe partisane de campagne composée entre autres du président du Sénat, du président de l'Assemblée nationale et du directeur du Cabinet civil», précisent-ils.


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In fine, les différents candidats menacent de récuser les équipes de reportage qui leur seront allouées, tout en exigeant la démission de l’actuel DG de la CRTV, Charles Ndongo. «Faute pour le DG de la CRTV de procéder à l'instauration d'une égalité de traitement commune à tous les candidats avant la date officielle d'ouverture de la campagne, nos candidats se réservent le droit de tirer toutes les conséquences de cet énorme trucage médiatique du service public de l'information, comme potentiellement prémonitoires de trucages futurs de même nature en d'autres champs», déclarent-ils.


Le 24/09/2018 Par De notre correspondant au Cameroun Tricia Bell

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