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Vidéo. Marrakech. Atlantic Dialogues: le système démocratique est-il en crise?

Mise à jour le 15/12/2019 à 14h38 Publié le 14/12/2019 à 08h16 Par Moussa Diop et Said Bouchrit

#Politique
Vidéo. Marrakech. Atlantic Dialogues: le système démocratique est-il en crise?
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#Maroc : Poussée de l’abstentionnisme, montée de la défiance à l’égard de al politique, accroissement des inégalités, érosion de l’engagement politique,… La démocratie est-elle en crise? Hommes politiques, universitaires et chercheurs ont apporté des éclairages sur la crise que traverse la démocratie.

La démocratie avec ou sans le peuple? La question qui renvoie à la citation d’Abraham Lincoln, 16e président des Etats-Unis (1860-1865) est plus que d’actualité et est de plus en plus rabâchée par des experts, chercheurs et politiques pour parler de la crise que traverse la démocratie, aussi bien dans les pays développés, émergents, qu’en développement.

Et pour cause, depuis quelques années, on note partout dans le monde la montée de la défiance à l’égard de la politique, l’érosion de l’engagement politique, la poussée de l’abstentionnisme électoral, la multiplication des scandales, l’accroissement des inégalités, les dérives potentielles ou réelles de la démocratie d’opinion...


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Autant de facteurs qui poussent à se demander si l’expérience démocratique actuelle est «une démocratie sans le peuple», avec, comme l’a souligné Obiageli Katryn Ezekwesli, conseiller économique principal d’Africa economic development policy initiative (AEDPI) et ancien ministre de l’Education du Nigeria, «le gouvernement des politiques, par des politiques et pour des politiques».

D’emblée, pour décortiquer le thème: «La démocratie en crise?», Mohamed Benaïssa, secrétaire général du Forum d’Assilah et ancien ministre des Affaires étrangères du Maroc, a expliqué que «la crise en question est celle de la gouvernance et du leadership». Et cela concerne aussi bien les pays du Sud que ceux du Nord, où on note des mouvements de réactions hostiles aux dirigeants.

Pour l’ancien chef de la diplomatie marocaine, il est clair qu’aujourd’hui, on ne peut pas gouverner en ignorant les considérations culturelles, religieuses, sociales, etc.


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Pour Michelle Ndiaye, directrice du Programme pour la paix et la sécurité en Afrique de l’Institut d’études sur la paix et la sécurité (IPSS), il y a plusieurs démocraties en Afrique. «Nous avons partout en Afrique des élections présidentielles, mais pas de démocratie», a-t-elle souligné.

Pour elle, le gros problème de la démocratie est l’absence de leadership dans la majeure partie des pays de ce monde. «En Chine, qu’on critique, on voit que ceux qui arrivent au sommet de la pyramide sont ceux qui constituent l’élite», souligne-t-elle, ajoutant que «ce n’est pas toujours le cas en Occident et en Afrique». 


Face à la crise de la démocratie, on note une multiplication des réactions hostiles contre les dirigeants. «Les manifestations s’expliquent par le fait que les gens ne croient plus aux institutions et aux dirigeants», fait aussi remarquer l’ancien chef de la diplomatie marocaine. Et les réactions prennent malheureusement de plus en plus un caractère violent. 


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Seulement, pour Mohamed Benaïssa, si manifester est un droit garanti par les constitutions des pays démocratiques, «le désordre ne peut pas faire l’ordre».

Pour Trisha Shetty, fondatrice et directrice générale de SheSays, présidente du Comité de pilotage du Forum de Paris sur la paix, la montée de la défiance des jeunes à l’égard de la politique s’explique par le fait que leurs revendications ne sont pas prises en compte par la classe politique qui refuse de se renouveler un peu partout dans le monde.

«Pour que les jeunes puissent s’engager en politique, il faut que ceux qui sont âgés laissent la place aux jeunes», a expliqué Shetty. Il faut aussi, souligne-t-elle, que «les institutions offrent aux jeunes la possibilité de devenir des leaders émergents». Ce qui est loin d’être le cas. En effet, les «démocraties» africaines, et même au-delà, ont tendance à négliger aussi bien les jeunes que les femmes.


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Enfin, la crise de la démocratie est d’autant plus complexe que presque partout dans le monde, la citoyenneté, longtemps considérée comme une identité nationale originale, se ramifie en identités plurielles, défendant chacune ses droits et ses territoires.

Et le repli identitaire est un facteur qui contribue à la crise de la démocratie dans un monde où l'information circule rapidement grâce aux réseaux sociaux. On le voit aussi bien aux Etats-Unis, dans les pays occidentaux que dans ceux en développement. 

Partant, pour Alfredo G. A. Valladâo, Pr à l’IEP Paris et Senior Fellow Policy Center for the New South, face à la crise que traverse la démocratie, «il faut tout réinventer avec les nouveaux instrulments de cette nouvelle civilisation différente de celle du XiXè siècle».
Le 14/12/2019 Par Moussa Diop et Said Bouchrit