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Mauritanie: un congrès extraordinaire de l’UPR tourne définitivement la page Mohamed ould Abdel Aziz

Publié le 31/12/2019 à 10h08 Par notre correspondant à Nouakchott Cheikh Sidya

#Politique
Ghazouani
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#Mauritanie : Les assises du congrès extraordinaires de l’Union Pour la République (UPR), principal parti de la majorité, ont été clôturées dimanche, à Nouakchott, par l'exclusion des anciens soutiens de l'ex-président Mohamed ould Abdel Aziz et leur remplacement par des proches du nouveau président El-Ghazouan

Les travaux du congrès extraordinaire de l'Union Pour la Rpublique (UPR), principal parti de la majorité, ont été clôturés  dimanche soir, au Centre International des Conférences «Mourabitounes» de Nouakchott, avec l’élection d’un nouveau bureau, d' un président et 5 vice-présidents.

Ce conclave a définitivement tourné la page de l’ancien président Mohamed ould Abdel Aziz, qui voulait garder le contrôle d’une formation forte de plus de 100 députés, sur un total de 150 élus, à l’assemblée nationale, pour rester dans le jeu politique, selon l’avis de nombreux observateurs.

Sidi Mohamed Taleb Amar, Directeur Général de la Société Nationale des Eaux (SNDE), ancien ministre sous le régime de Maaouya ould Sid’Ahmed Taya, originaire du grand Est (Hodh Oriental) a été élu président du parti.


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Ont été respectivement désignés premier, deuxième, troisième, quatrième et cinquième vice-président Mme Salka mint Yamar, Mohamed Yahya ould Horma, Mme Djinda Mohamed El Moustapha Ball, Yahya ould Mohamed El Waghef et El Khalil ould Teyib.

Côté ambiance: pendant ces assises, le nom de Mohamed ould Abdel Aziz, complètement zappé, n’a pas été prononcé une seule fois.

Dans le même temps, celui du nouveau maître de la Mauritanie, Mohamed ould Cheikh El Ghazouani, cité à mainte reprises comme «référence» du parti, a provoqué des tonnerres répétés d’applaudissements.

Par ailleurs, parmi les personnalités élues dans les nouvelles instances, certaines symbolisent au plus haut point la fin de l’ère Mohamed ould Abdel Aziz.


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C’est le cas notamment de Yahya ould Mohamed Waghef, député, ancien Premier ministre, leader du Pacte National pour la Démocratie (PNDD-ADIL), qui a décidé de son fondre dans l’UPR 72 heures avant les assises du congrès extraordinaire.

L’ancien Premier ministre était dans une opposition dite «radicale» contre Mohamed ould Abdel Aziz, mais Il a soutenu la candidature de Mohamed Cheikh ouldel-Ghazouani à l’élection présidentielle du 22 juin 2019.

Plusieurs personnalités hors des rangs de l’UPR, ayant jeté leur dévolu sur Ghazouani à l’occasion du dernier scrutin présidentiel, ont fait leur entrée à l’UPR, qui semble ainsi élargir ses bases.

Autre illustration de la «déroute» des partisans de Mohamed ould Abdel Aziz, l’élection de Khalil ould Teyib, première personnalité à théoriser la fin de l’influence Aziz et «la référence» à Ghazouani, à la vice-présidence de l’UPR.


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Avec des cris complètement étouffés, les rares partisans de l’ancien chef de l’Etat, ont dénoncé le choix d’un nouveau bureau dicté par «des instructions venues de la présidence».

En Mauritanie, pays avec histoire politique particulière depuis 1978, les leviers de contrôle du pouvoir sont l’armée, l’assemblée et le parti présidentiel.

Avec ce congrès extraordinaire de l’UPR, Mohamed ould Abdel vient de perdre la dernière bouée à laquelle il espérait s’accrocher pour continuer d'exister sur la scène politique, après le refus du troisième mandat  par l’institution militaire et les députés, notent de nombreux analystes à Nouakchott.
Le 31/12/2019 Par notre correspondant à Nouakchott Cheikh Sidya