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CAN 2019. Mauritanie: les ingrédients de la réussite des Mourabitounes

Mise à jour le 26/11/2018 à 09h45 Publié le 26/11/2018 à 09h33 Par notre correspondant à Nouakchott Cheikh Sidya

#Sports
Mourabitounes
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#Mauritanie : La Mauritanie savoure en ce moment sa première qualification, historique, aux phases d'une Coupe d'Afrique des Nations (CAN/Cameroun 2019) réussie par un groupe hybride, véritable mélange de locaux, éléments formés dans le pays, d'expatriés et de binationaux... Voici les secrets de leur réussite.

Logés dans un groupe difficile, aux côtés des « Etalons » du Burkina Faso, des « Antilopes » d’Angola et de l’équipe du  Botswana, un groupe au sein duquel les pronostics  leur réservaient  la troisième, voire la quatrième place, les Mourabitounes, le nom désignant l’équipe national de football de Mauritanie, ont réussi cet exploit inédit à ce jour de se qualifier pour les phases de la Coupe d’Afrique des Nations (CAN) Cameroun 2019, prévues au mois de juin.

Mieux, ils se sont même octroyé ce luxe d'obtenir la première place de la poule, avant la dernière journée qui se jouera au mois de mars 2019.

Cette équipe est un savant mélange de joueurs issus du championnat local, de jeunes formés en Mauritanie et qui se sont expatriés au cours des dernières années, auxquels s’ajoutent des binationaux, pour près d’un tiers de l'équipe. .


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Ce groupe, coaché depuis quelques années par le technicien français Corentin Martin, qui devrait renouveler son contrat en l'objectif des éliminatoires  de la Coupe du Monde 2022,  a réussi à tuer «le chat noir» en chassant une quarantaine d’années d’éliminations récurrentes et de fatalité dans l’échec.

Un exploit à l’origine d’une pluie d’hommages et d’une inflation de superlatifs, au soir historique du dimanche 18 novembre 2018. Un épilogue heureux dont le témoin privilégié aura été  le  président Mohamed ould Abdel Aziz en personne, supporter numéro un de l’équipe nationale, venu diriger «la bataille» finale contre une vaillante équipe du Botswana, en dépit d’une élimination déjà actée et donc d’un match sans enjeu réel pour elle, en retardant pendant longtemps de le but de la délivrance.

Celui-ci est finalement  venu d’Ismaël Diakhité, le sociétaire de l’US Tataouine de Tunisie, revêtu du costume de héros du jour.

Dans ce contexte, les Mauritaniens savourent une joie largement partagée. Une douce euphorie collective, un instant unique, dans un pays souvent traversé par des courants identitaires charriant des discours chauvins.

Au-delà de cette satisfaction collective, les Mauritaniens sont bien conscients que de nouveaux challenges pointent déjà à l’horizon, car il faut désormais s’atteler à réunir les conditions de préparation d’une participation honorable.

Interrogé au sujet de la qualification de l’équipe nationale pour les phases finales de la CAN 2019, Mohamed ould Messaoud, connu sous le surnom de Ray Fall, ancien international des années 1972/1976, qui eut l’insigne honneur de porter parfois le brassard de capitaine, technicien  formé au Maroc et en Allemagne, ne dissimule pas sa grande sa satisfaction.


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«Je suis très ému et fier de cette qualification pour les phases finales de la CAN Cameroun 2019. Je fais partie de l’équipe qui a mené un travailleur en profondeur pour arriver à ce résultat depuis 2011, avec la mise en place du nouveau bureau fédéral sous la direction du président Ahmed ould Yahya. C’est dire que le mérite est partagé, mais il revient tout particulièrement au président de la Fédération de Football de la République Islamique de Mauritanie (FFRIM). Il s’agit véritablement d’un travail de fond, bien loin d’une action isolée, ponctuelle,  pouvant être présentée comme le fruit du hasard » précise ould Messaoud, qui préside  actuellement aux destinées de la Ligue de Football de la région de Nouakchott Ouest.

Pape Seck, actuel coach de «Nouakchott Kings» un club du championnat de première division, engagé dans les compétions africaines de Club pour 2018, ne cache pas, lui non plus, sa joie.

Cet ancien numéro 10 à l’immense talent des «Mourabitounes» du milieu des années 1980, a également porté les couleurs de l’Association Sportive des Employés de Commerce d’Abidjan (ASEC/MIMOSA- mythique   club de Côte d’Ivoire).

Il a salé cet événement à sa juste valeur, exprimant «une grande fierté et une satisfaction totale par rapport à la qualification historique du dimanche 18 novembre 2018. Je suis content pour le peuple de Mauritanie. Je félicite le gouvernement, qui a mis les moyens pour atteindre cet objectif. Mes  remerciements vont également à  la fédération, à  l’encadrement technique de l’équipe nationale  et à  tous les acteurs qui ont contribué à l’atteinte de cet objectif ».

Lucide et averti par rapport à la réalité quotidienne du football de haut de niveau, Pape Seck  enchaîne: «maintenant, il faut continuer le travail, le chemin reste encore long et difficile. La prochaine étape devra être une  participation honorable à la phase finale, quelque soit le résultat du tirage au sort. Il faut se préparer, car le plus dur reste à faire».

Thiam Mamadou, directeur de Publication du site d’informations en ligne "Rimsports" se réjouit quant à lui "d’une qualification historique attendue par le peuple depuis plusieurs dizaines d’années".

Selon lui, il s'agit d'un "graal décroché par un groupe au sein duquel on retrouve presque à part égale, des éléments évoluant dans le championnat local, des joueurs formés au pays, partis monnayer leurs talents à l’étranger depuis la première qualification au CHAN Afrique du Sud 2014, et des binationaux ayant récemment intégré les rangs".


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Il estime également que cette qualification est "'une réussite qui tombe à un moment symbolique, une dizaine de jours avant la célébration du 58e anniversaire de l’accession de la Mauritanie à l’indépendance, qui se déroule le dimanche 28 novembre".

Et de conclure: "au-delà, il faut remettre le métier à l’ouvrage et continuer le travail pour une participation respectable aux phases finales de la plus prestigieuse  compétition africaine. Nous devons nous mobiliser pour éviter à tout prix la mésaventure d’une élimination prématurée". 

Sada Dicko, un ancien défenseur au potentiel énorme, victime du manque d’intérêt pour le sport au pays du million de poètes, et vieux supporter  des Mourabitoune salue aussi "une grande première. Un événement qui doit être fêté dans toutes les villes, les villages, les hameaux et au sein de toutes les familles. Mais, le plus dur reste à faire. Car il faut absolument éviter le syndrome d’une élimination au premier tour, à l’image des résultats catastrophiques  du Championnat d’Afrique des Nations (CHAN-Maroc 2018). Tous tournés vers le même objectif, on peut faire de grandes choses et réaliser nos  rêves".

Le 26/11/2018 Par notre correspondant à Nouakchott Cheikh Sidya