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Sénégal: évincé des listes électorales, le frère de Macky Sall crie au complot

Mise à jour le 02/05/2017 à 10h25 Publié le 02/05/2017 à 10h23 Par De notre correspondant à Dakar Moustapha Cissé

#Politique
Alioun Sall

Alioune Sall, maire et petit frère du président Macky Sall.

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#Sénégal : Aliou Sall, le frère du président Macky Sall, dénonce les faucons tapis au palais présidentiel. Pour être investi tête de liste de la coalition Benno Bokk Yakar dans sa localité, le maire de Guédiawaye en appelle à la lucidité du chef de la coalition actuellement au pouvoir.

Aliou Sall rumine sa colère contre les «comploteurs logés au palais de la République». «On n’avait pas d’adversaires ici à Guédiawaye (commune de la banlieue de Dakar), et donc des gens tapis dans l’ombre ont commencé à créer des théories comme "celui qui a un lien de parenté avec Macky Sall, ne doit pas être nommé", a fait savoir Aliou, maire de Guédiawaye.

Profitant d’une rencontre initiée par la Convergence des jeunesses républicaines (Cojer), le samedi 29 avril, le frère du président Macky Sall a relaté les circonstances de sa non-investiture à la tête de la liste BBY pour les législatives du 30 juillet 2017. Il est revenu sur la situation stratégique de sa commune et demande à la cellule des jeunes de l’Alliance pour la république (APR) de ne pas abdiquer devant «des laboratoires logés au palais» de l’Avenue Roume. Selon lui, ses prétendus camarades de partie ont «construit des idées saugrenues et concocté un plan de diabolisation d’Aliou Sall».


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Revenant sur les attaques dont il fait objet depuis quelque temps, le président de l’Association des maires du Sénégal (AMS) a précisé que «ces mêmes personnes ont fourni à l’opposition les arguments pour le combattre». «Ces comploteurs passent la journée avec le Président de la république et, le soir, vont donner de l’argent et de fausses informations à des personnes supposées appartenir à la société civile», regrette-t-il.

Parce qu’il s’est retrouvé dos au mur, dit-il, il a décidé de faire le grand déballage malgré sa promesse de ne pas commenter la décision de Macky Sall de le rayer des listes des potentiels députés de la coalition BBY. «Ces personnes sont mauvaises, antipatriotes et n’aiment pas Macky Sall et sa famille», a aussi dénoncé le maire de Guédiawaye.

La bataille de Guédiawaye aura-t-elle lieu?

En parlant de «personnes tapies au palais présidentiel, Aliou Sall fait ainsi référence à Seydina Fall et à Fatima Sy qui se disent être, contrairement à lui, «d’authentiques fils de Guédiawaye». Par conséquent, ce sont eux qui doivent être inscrits dans les listes pour la prochaine législature. «Quand on se battait pour Guédiawaye, Aliou Sall n’était pas au front», avait souligné Seydina Fall, alias Bougazelly.


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Abondant dans le même sens que son camarade de parti, Fatima Sy avait précisé que «le département ne voudrait pas être représenté par un député qui ne dort pas à Guédiawaye. Depuis qu’on l’a élu maire, on ne le voit plus. Aliou Sall a attendu l’approche des élections pour venir distribuer de l’argent dans le but de corrompre les populations», s’était-elle offusquée.

Devant les complaintes des militants de première heure de la section APR de cette commune, Macky Sall a décidé de désamorcer la bombe à retardement. Il a décidé d’enlever son jeune frère Aliou Sall des listes. Mais ce dernier ne l’entend pas de cette oreille.

Le président de l’AMS en appelle ainsi à la clairvoyance de son frère Président. «Quelle que soit votre décision, nous l’accepteronst parce que nous sommes des militants disciplinés. Le seul objectif des gens qui ont agité cette mini crise est de nous faire perdre Guédiawaye. Nous n’avons pas le droit, à quelques mois des législatives, d’offrir cette commune à des gens qui n’ont d'autre mérite que de s’opposer».

La bataille de Guédiawaye est ainsi lancée. Les camarades de parti et adversaires d’Aliou Sall, ne doivent pas crier victoire dans la course à l’investiture. Tout comme Bogazelly et Fatima Sy, les ex militants de l’Alliance de forces du progrès (AFP), le parti du Président de l’Assemblée nationale sont aussi avertis. Malick Gakou, le leader du Grand Party (GP) et coordonnateur de Manko Wattu Sénégal aura aussi du fil à retordre.
Le 02/05/2017 Par De notre correspondant à Dakar Moustapha Cissé