Cameroun: Arielle Kitio, l’entrepreneure qui connecte les jeunes aux technologies grâce aux langues africaines

Arielle Kitio, informaticienne et entrepreneure camerounaise.

Le 03/07/2023 à 11h45

VidéoArielle Kitio Tsamo est une entrepreneure et informaticienne camerounaise. Ses actions au Cameroun et au-delà font d’elle un modèle de réussite et de partage dans les domaines des technologies, de l’information et de la communication. La fondatrice de l’entreprise Caysti se consacre depuis 2017 à la formation des jeunes et des enfants dans leur langue maternelle.

Arielle Kitio Tsamo est reconnue au Cameroun comme une actrice majeure de l’écosystème digital. Pour y parvenir, la jeune Camerounaise s’est armée de patience et surtout d’abnégation au travail. Après son cursus primaire, la jeune fille obtient son baccalauréat d’enseignement général, option scientifique avec mention au lycée de Biyem-Assi à Yaoundé.

Elle n’avait alors que 15 ans. Ces études, qui sanctionnent la fin du secondaire, la propulseront à l’université de Yaoundé 1 où elle suivra un cursus en informatique. En 2011, Arielle obtient une licence dans son domaine de prédilection. Son Master option Cloud Computing va suivre, en codirection entre l’université de Yaoundé 1 et l’Institut National Polytechnique de Toulouse en France.

Dans un dynamisme propre à sa famille nucléaire, la jeune dame créé en 2015 l’association WIT (Information Technology for Women and Youth) dont le but est de mettre en lumière des femmes qui se démarquent dans les domaines des sciences et de la technologie et encourager les jeunes filles camerounaises à n’avoir aucune crainte pour les filières scientifiques et technologiques.

La Cameroon Youth School Tech Incubator (Caysti) est également sa création. Un centre de formation fondé en 2017 et destiné aux enfants. Son but est de les initier à la technologie et à la promotion de l’entrepreneuriat numérique.

Arielle Kitio emploie actuellement une dizaine de personnes qui exercent en harmonie. «Nous sommes une équipe des jeunes. Alors, il n’y a pas de complexe entre nous. Nous sommes en très bon terme avec la fondatrice qui ne se comporte pas comme un patron mais comme une collaboratrice», témoigne Excelle Azanfack, responsable de formation à Caysti.

L’un des principaux produits de cette entreprise est le projet ABC Code, un programme pédagogique qui s’appuie sur un logiciel ludique et intuitif qui initie les enfants de 6 à 15 ans à la programmation informatique. Sa particularité: leur apprendre à créer des applications numériques dans les langues africaines, particulièrement le Wolof et le Haoussa.

Arielle est l’un des codeurs camerounais les plus connus. Elle invite d’ailleurs les jeunes africains à s’intéresser un peu plus à la production de contenus web au lieu de se limiter à la simple consommation.

Son travail lui a valu plusieurs distinctions internationales. En 2019, elle a obtenu le Prix Margaret Afrique lors de la Journée de la femme digitale. La même année, l’UNESCO lui décerne le Prix de l’innovation dans l’éducation.

Un an an auparavant, le magazine Forbes Afrique l’avait intégrée dans son classement des trente jeunes de moins de 30 ans les plus influents en Afrique francophone (30 Under 30). En 2016, l’entrepreneure digitale avait également décroché l’Award TechWoman décerné par le département américain.



Par Jean-Paul Mbia (Yaounde, correspondance)
Le 03/07/2023 à 11h45