Algérie-réserves en devises: la Banque d’Algérie conteste les chiffres de la Banque mondiale

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Le 15/08/2016 à 18h19

Revue de presseLa Banque centrale d’Algérie est sortie de son mutisme pour contester les prévisions de la Banque mondiale relatives au niveau de ses réserves à l’horizon 2020. Selon l’institution internationale, celles-ci devraient tomber à hauteur de 60 milliards de dollars à l’horizon 2018.

Kiosque le360 Afrique: Dans sa dernière sortie, la Banque mondiale a annoncé que les réserves de changes de l’Algérie allaient continuer à fondre pour s’établir à 60 milliards de dollars à l’horizon 2018. Une prévision contestée par la Banque centrale algérienne. Selon celle-ci, «le niveau des réserves à fin 2018 sera nettement supérieur à celui annoncé par la Banque mondiale, notamment en raison des effets de la consolidation budgétaire et de l’impact de celle-ci sur les comptes extérieurs et corrélativement des réserves de change», lit-on dans un communiqué de la banque, cité par elwatan.com. Plus encore, selon la Banque d’Algérie, «le rapport de la Banque mondiale paraît quelque peu alarmiste et ne repose pas sur des hypothèses probantes».

Il faut souligner que le niveau des réserves de changes est fonction de plusieurs paramètres. Outre les recettes des exportations des hydrocarbures qui sont fonction du cours du baril sur le marché international et qui constituent presque 95% des revenus tirées des exportations algériennes, les réserves de changes sont aussi fonction du volume des importations qui dépendent beaucoup des dépenses publiques et des déficits de la balances des paiements.

Or, selon la Banque centrale algérienne, l’institution de Breton Woods ne prend vraiment en considération que le cours du baril de pétrole avec l’hypothèse que celui-ci devrait osciller entre 41 et 60 dollars entre 2016 et 2018.

Seulement, en augmentant les volumes exportés, l’Algérie peut aussi, toute chose étant égale par ailleurs, accroître ses recettes d’hydrocarbure et donc ses réserves de change. C’est d’ailleurs l’un des volet sur lesquelles mise le pays pour accroître ses recettes. A ce titre, souligne elwatan.com, «la Banque d’Algérie a observé qu’au premier semestre 2016, pour la première fois depuis 2006, les quantités d’hydrocarbures exportées sont croissantes conformément aux prévisions du groupe Sonatrach».

De même, grâce aux efforts faits pour réduire les importations, qui se sont traduits d’ailleurs par une baisse de la facture de 11,8% depuis début 2015, soit 7 milliards de dollars en moins, par rapport à 2014, et affichant un recul de 11,2% durant le premier semestre 2016, comparativement à la même période de l’année dernière, la baisse des sorties de devises devrait aussi contribuer à ralentir la baisse des réserves de change.

Ainsi, en tenant compte de la hausse des exportations en volume, une évolution plus favorable des cours, une baisse des importations et une consolidation, la Banque centrale algérienne table sur des réserves ressortant à 122 milliards de dollars. Dans ces conditions, «les situer à 60 milliards de dollars en 2018 signifie "qu'elles vont baisser de 62 milliards de dollars en deux ans, soit 31 milliards de dollars de déficit annuel moyen du solde global de la balance des paiements. Ce qui paraît totalement improbable", a relevé la Banque d'Algérie.

Par Karim Zeidane
Le 15/08/2016 à 18h19