Algérie. 287.000 ha de terres agricoles spoliées pour enrichir des privilégiés depuis l'indépendance

Terres agricoles grignotées par l'espace urbain à Alger pour enrichir des privilégiés et appauvrir les moins nantis

Terres agricoles grignotées par l'espace urbain à Alger pour enrichir des privilégiés et appauvrir les moins nantis. DR

Le 20/12/2016 à 14h23, mis à jour le 20/12/2016 à 15h08

En Algérie, une bonne partie des terres agricoles est spoliée au profit de promoteurs immobiliers, dénonce un expert. Depuis l'indépendance, l'équivalent de deux fois la province d'Alger, est passé dans l'urbain. Pendant ce temps, le pays importe la quasi-totalité de ses besoins alimentaires.

Kiosque le360afrique. Alors que l'Algérie importe annuellement plus de 9,3 milliards de dollars de produits alimentaires, le gouvernement continue de négliger l'agriculture et la superficie arable, autrefois exploitée rationnellement par les Français, tend à diminuer de manière considérable. En effet, selon Ahmed Ali Abdelmalek, un expert spécialisé en droit foncier, depuis l’indépendance, l'équivalent de deux fois la superficie de la province d'Alger est passé des mains de pauvres paysans à celles de promoteurs immobiliers motivés uniquement par le lucre. 

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Ce sont quelque 282.700 hectares de surfaces foncières agricoles qui ont été détournés de leur usage initial, a-t-il affirmé dans une interview accordée au quotidien El watan. Si l'on sait que la superfice de la province d'Alger représente quelque 119.000 ha, on mesure bien l'ampleur du phénomène. Ces terres arables à forte production agricole qui, avant 1962, étaient exploitées par les Français ont été tout simplement cédées à des promoteurs immobiliers qui sont souvent très proches du régime. De sorte que les privilégiés s'enrichissent au détriment de l'Algérien moyen. 

Le phénomène est d'autant plus inquiétant qu'il est à l'origine de plusieurs maux. Le pays ne peut pas assurer la production de ses besoins élémentaires en matière d'alimentation, par conséquent il dépense plusieurs milliards de dollars par an pour importer sa nourriture. En 2015, ce sont quelque 9,3 milliards de dollars qui ont consacrés à l'importation de produits alimentaires. 

D'un autre côté, le gouvernement est obligé de mettre en place une politique de subventions outrancière afin de réduire la cherté de la vie. Cela pèse donc à la fois sur le budget de l'Etat et sur la balance commerciale. Mais tant que des généraux et des proches des généraux s'enrichissent grâce à des transactions immobilières, pour les dirigeants algériens, tout est pour le mieux dans le meilleur des mondes. 

Par Mar Bassine Ndiaye
Le 20/12/2016 à 14h23, mis à jour le 20/12/2016 à 15h08