Société

Algérie: files d'attente interminables, bousculades et bagarres pour un sachet de lait

Malgré les effets d’annonces, la pénurie du lait se fait sentir dès les premiers jours du ramadan comme en atteste ces files d’attente interminables, bousculades et bagarres devant les magasins de vente de lait en sachet. Des scènes qui sont malheureusement devenues monnaie courante en Algérie.

Par Karim Zeidane
Le 04/04/2022 à 10h06, mis à jour le 04/04/2022 à 10h07
Algérie. Pénurie alimentaire: les meurtres se multiplient... pour un sachet de lait
Les pénuries se multiplient en Algérie. | DR

Les autorités algériennes avaient multiplié les annonces sur la disponibilité en quantité suffisante de denrées alimentaires de première nécessité dont particulièrement le lait en sachet et l’huile. Malheureusement, la réalité est autre. Les pénuries n’ont pas disparu comme en atteste cette vidéo montrant de longues files d’attente de citoyens algériens devant un magasin pour se procurer des sachets de lait en ce début du mois de ramadan. La scène a été filmée, selon un tweet de Magharibia dans la wilaya de Tebessa.

Deux longues files pour chercher quelques sachets de lait et l’attente longue finit par chauffer les esprits et c’est la bagarre entre pauvres citoyens à la recherche de ce très précieux liquide de lait subventionné synonyme de rareté.

Des images que les autorités algériennes ne voulaient pas voir en ce début du mois sacré de ramadan. Pourtant, le gouvernement algérien a même mis en place, le 30 mars dernier, une nouvelle cartographie de la distribution du lait en sachets subventionné pour éviter ces bousculades et le ministre du Commerce avait mis en garde les opérateurs économiques contre toute pénurie du lait en sachets subventionné dont le prix est fixé à 25 dinars/le litre en soulignant que la vente de ce lait est destinée exclusivement aux ménages et non aux débits de boissons, cafés, restaurants, producteurs de pâtisseries,…

Malgré ces mesures, c’est le même constat que les années passées. Des files d’attente et un rationnement de la distribution qui ne sont pas sans rappeler l’ère soviétique. Seulement, sachant que les quantités disponibles ne sont pas suffisantes pour satisfaire toute la demande, les bousculades pour gagner des places dans les files sont monnaie courante et finissent toujours par chauffer les esprits, entrainant des bagarres avec parfois des blessés pour se procurer du lait en sachet.

Et parfois, le drame ne peut être éviter. C’est le cas en avril 2021, lorsqu’un homme avait perdu la vie dans des circonstances identiques. Le jeune trentenaire s’était présenté dans un commerce d’une localité située à une quinzaine de kilomètre d’Annaba pour se procurer du précieux liquide, difficile à trouver. Le vendeur lui avait imposé la vente concomitante d’un autre produit avec le sachet de lait. Un procédé souvent utilisé par les commerçants en période de pénurie pour écouler d’autres produits. Face au refus du client, les esprits se sont chauffés et le commerçant a asséné un coup de bâton au jeune homme décédé à l’hôpital des suites d’un traumatisme crânien.

C’est dire que ces faits sont récurrents en dépit des engagements des autorités qui ont pourtant annoncé que toutes les mesures sont prises pour éviter des pénuries des produits de première nécessité, particulièrement le lait en sachet.

Or, en ce qui concerne le lait, l’Algérie n’en produit pas assez. Du coup, le prix du lait en sachet étant subventionné et régulé, les producteurs, face à la flambée des matières premières préfèrent fournir d’autres produits sur lesquels les marges sont plus importantes. Du coup, les quantités de lait en sachet subventionné sont relativement faibles comparativement à la demande, surtout durant le mois de ramadan. Et à cause de la perte de leur pouvoir d’achat sous l’effet de l’inflation, les Algériens préfèrent se rabattre uniquement sur les produits subventionnés.

Les longs files d’attente devant les magasins de vente de l’ait ou d’autres produits comme l’huile sont devenus monnaie courante en Algérie, au cours de ces dernières années. Et souvent, surtout en pareilles cas, durant le mois de ramadan, ces attentes longues finissent par faire perdre patiente aux clients au bout des nerfs.

Comme les précédents ramadans, celui de cette année s’annonce aussi difficile pour les Algériens qui font déjà face aux hausses des prix qui touchent de très nombreux produits et aux pénuries (huile, lait,…), qui annoncent un début du mois sacré dans le stress et la tourmente de la privation.

Par Karim Zeidane
Le 04/04/2022 à 10h06, mis à jour le 04/04/2022 à 10h07